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Marie-Claude Saliceti
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Handinaga
« Quand la douleur nous vole jusqu’au droit de nous plaindre »
#handicap
Article mis en ligne le 2 mai 2026
dernière modification le 29 avril 2026

On est absents des combats… parce qu’on est absents, tout court.
On doit chaque jour se battre, mais on n’a plus la force de lever le poing.

Il est difficile de faire entrer dans les esprits ce qu’implique un handicap invisible. On peut citer l’absence d’empathie, l’ignorance ou même le manque de visibilité médiatique. Comme pour toutes les minorités ; c’est surmontable, mais au prix d’une lutte acharnée, de chaque instant, longue, éprouvante et demandant un investissement dont les douleurs nous privent.

J’ai du mal à blâmer une personne qui se sent mal à l’aise face à nos problèmes, qui met les pieds dans le plat avec des mots dont il n’envisage pas les conséquences pour nous, ou qui détourne le regard face à une situation trop compliquée. En revanche, je n’accepte pas le manque de reconnaissance de notre société.
Elle a une façon bien à elle de nous gérer : on est « trop malades » pour avoir une place dans le monde du travail… mais « pas assez » pour échapper aux obligations de ce même monde.
Comme si le handicap était un interrupteur qu’on pouvait allumer ou éteindre selon les besoins. (...)

Comment contourner ce problème ? En utilisant des leviers adaptés à nos limites. (...)

On ne peut pas occuper la rue ? On occupera les esprits.
On ne peut pas crier dans les mégaphones ? On criera dans les écrans, les livres, les chansons. Et chaque petite vaguelette créée deviendra un tsunami qui engloutira l’indifférence.

Le combat non-violent des handicapés , c’est aussi le combat des corps brisés… emplis d’une rage de vivre et d’exister malmenée, mais invaincue.

Emplis d’une rage de vivre et d’exister.