D’ici la mi-novembre, des casernes militaires désaffectées, des hôtels et des foyers d’accueil situés en Espagne continentale pourront accueillir près de 11 000 migrants, débarqués aux Canaries. La mesure, qui suscite des réticences auprès de certains élus locaux, a été prise pour faire face aux arrivées record que connaît l’archipel depuis plusieurs semaines. (...)
Une fois accueillis dans ces structures, les personnes hébergées ne pourront y rester qu’un mois maximum. Leur prise en charge sera opérée par des ONG, avec l’aide financière de l’État. Objectif ? "Garantir que les nouveaux arrivants ne se retrouvent pas à la rue et aient la possibilité de chercher des alternatives", explique le journal. (...)
Ces hébergements supplémentaires permettront aussi au gouvernement de maintenir le rythme des transferts depuis l’archipel. Après une visite sur l’île d’El Hierro le 19 octobre, le ministre des Migrations José Luis Escriva a promis que les transferts en avion des exilés vers l’Espagne continentale soient plus nombreux et plus fréquents : le ministre s’est engagé à ce qu’il n’y ait pas plus de 6 000 migrants en même temps dans les îles Canaries.
Ces derniers jours, des hébergements supplémentaires avaient déjà été ouverts pour faire face aux arrivées : le centre thermal en travaux de Medina del Campo accueille actuellement 150 personnes et un foyer d’Almeria, 321 exilés.
"Manque de coordination"
L’arrivée des migrants dans la péninsule a fait grincer des dents certains élus locaux, qui reprochent à José Luis Escriva de ne pas les avoir prévenus. Le porte-parole du gouvernement andalou et ancien maire d’Almeria, Ramón Fernández-Pacheco, a reproché au gouvernement d’agir "unilatéralement" et "sans coopération" avec les municipalités et les communautés autonomes. La présidente de la région d’Estrémadure, à l’ouest de l’Espagne, a critiqué le "manque de coordination" sur cette question. "Cela s’appelle du respect et de la loyauté institutionnelle et c’est ce que nous demandons", a-t-elle souligné. (...)