Depuis quelques années les idées, les textes et les décisions destinés à mieux prendre en compte l’intérêt des animaux considérés comme des êtres sensibles se sont considérablement développés. Seulement, dès que surgissent des crises sanitaires, économiques ou autres, on s’aperçoit vite qu’ils ne comptent plus pour grand-chose face aux poids de lobbies en tous genres puissamment organisés.
Or, le monde de la protection animale qui mobilise tant et tant d’énergie et d’abnégation est trop éparpillé pour servir imparablement de contrepoids. D’où l’idée de construire un outil fédérateur suffisamment large et solide pour pouvoir peser sur les décisions des autorités nationales et européennes qui doivent résoudre les questions relatives aux animaux.
Cet outil serait la Déclaration européenne des droits de l’animal (DEDA) rédigée par un collectif de 9 enseignants chercheurs promoteurs du droit animalier en France, qui ne connaissent pas aussi bien les animaux que celles et ceux qui les soignent et les étudient tous les jours mais qui ont acquis des compétences spécifiques pour inscrire leur protection juridique dans une approche européenne.
La Déclaration européenne des droits de l’animal vise donc à fédérer autour de propositions qui ne cherchent pas à traduire toutes les avancées de la recherche scientifique ou philosophique mais qui, de manière particulièrement insistante, sont organisées en fonction des voies et moyens susceptibles de les rendre concrètes et effectives : mobilisation du droit constitutionnel et du droit civil aux côtés du droit pénal et du droit administratif ; reconnaissance progressive d’une certaine forme de personnalité juridique ; mise en place d’un Défenseur des Animaux ; développement de l’éducation et de la formation.
La DEDA, à l’évidence, n’a en elle-même aucune force juridique. Elle pourrait néanmoins exercer une influence sur la scène juridique si elle aidait à faire apparaître une communauté de vues dans les sociétés modernes , un socle commun, relatif à la protection des animaux, sur lequel les autorités nationales et européennes et plus particulièrement les juridictions européennes, prendraient appui pour faire pencher plus souvent la balance du côté des animaux et des personnes physiques ou morales qui les protègent.
Dévoilée à la Mairie de Strasbourg le 29 janvier 2025, proclamée dans une douzaine de lieux publics en février 2025, puis dans une version affinée au nom de la ville de Paris le 4 octobre 2025 ; forte de la signature de plus d’une centaine d’organisations françaises, espagnoles ou belges et de plus 400 personnalités, la Déclaration européenne des droits de l’animal commence déjà à devenir un socle commun. L’objectif de la pétition est de consolider ce socle et de l’élargir dans le plus grand nombre possible de pays européens de manière à ce que, fédérant les défenseurs de la cause animale, il s’impose dans le débat public et pèse sur les décisions relatives aux animaux.
La voix de chaque pétitionnaire est donc essentielle non pas pour obtenir comme d’ordinaire une mesure particulière le plus rapidement possible mais pour tisser, patiemment, un cadre général plus favorable aux animaux.