Au bout de 2 ans de discussions avec les « autorités » et de tentatives de compromis avec les auteurs des nuisances acoustiques, olfactives et environnementales, quasi rien n’a été obtenu par les riverains et associations protestataires. Nous demandons qu’intervienne enfin une régulation mesurable et quantifiable de cette activité, pour le bénéfice du bien être et du cadre de vie dans le Trégor.
Dimanche 14 juin 2020, dernière « invention » de l’école de parachutisme de Lannion : « Que c’est palpitant d’avoir le sentiment de se transformer en oiseau et de plonger dans le vide à 4 000 m de hauteur, au-dessus d’un des plus beaux paysages de France (la côte de Granit rose, Perros-Lannion). Un saut en wingsuit (combinaison volante) qui dure 3.30 minutes sur 7 à 8 km. »
Oui mais…, pour aller sauter à 4 000 m, jouer avec les nuages, profiter d’une vue imprenable, jouir d’un sentiment de liberté…, l’avion utilisé, un Pilatus bien connu des habitants du Trégor, fait un vacarme insoutenable quand ceci se répète toutes les 30 mn par jour de beau temps et particulièrement lors des heures habituelles de convivialité avec la famille ou les amis.
Et le dimanche 28 juin, bon nombre des 20 000 habitants du Trégor/Côte de Granit rose ont pu apprécier les effets de ce plaisir revendiqué par quelques dizaines d’adeptes : plus de 16 rotations de largage. Aucun respect d’une absence d’activité dominicale tant demandée : 1er vol peu après 09h00, dernier vol peu avant 19h00 (même pas une absence totale de rotations entre 12h00 et 15h00).
Cet avion consomme du kérosène détaxé (plusieurs dizaines de milliers de litres par an !) alors que la population paye des taxes sur l’essence et le diesel. Mais là n’est pas l’essentiel. Ce kérosène malodorant et polluant crée un préjudice environnemental pour les riverains de l’aéroport, les sportifs comme les habitants, enfants, adolescents et adultes, et plus généralement pour l’ensemble de la population de la Côte de Granit Rose. Selon les vents, l’odeur est ressentie par tout Ker Uhel et au-delà, et jusqu’à Pleumeur Bodou. Quel en est l’impact sur la faune et la flore, sur les zones naturelles protégées si proches ?
Cet avion lâche dans le ciel du Trégor plus de 100 tonnes de CO2 par an…
Pas très « parlant » ? : selon les caractéristiques de « consommation moteur » données par le fabricant de l’avion, pour 2 à 3 rotations de largage à l’heure, et avec de l’ordre de 6 parachutistes par rotation, chaque saut, pour 15 mn, coute à l’humanité entre 10 et 20 l de kérosène, l’équivalent de la dépense énergétique de 200 à 400 travailleurs manuels pendant 8h (cf. les travaux d’équivalence de Jean-Marc Jancovici)…hallucinant..Autre comparaison : 1 saut de 15 mn, par sa consommation, correspond à environ 220 km en voiture. (...)