Ce 1er avril, le secteur médico-social crie sa rage dans la rue. À Nantes, à Lyon, à Toulon, à Montpellier, les soignant·es, éduc·s, agent·es et salarié·es de la santé privée et de l’action sociale manifestent en masse. Le mot d’ordre ? Assez de mépris, de gel salarial, de casse du service public. « Depuis 20 ans, nos salaires sont gelés ! Et Macron, et les patrons, il va falloir payer ! », scande-t-on à Montpellier.
Pendant ce temps, à Brive, les lycéen·nes du lycée d’Arsonval bloquent leur bahut pour protester contre la suppression du pass culture. Leur cri est clair : « De l’argent pour la culture, pas pour la guerre ! »
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– (France Bleu/AFP)
Aides à domicile, éducateurs : les professionnels du médico-social en grève, des manifestations partout en France
(...) Les syndicats (CFDT Santé Sociaux, CFE-CGC Santé Social, CFTC Santé Sociaux, CGT Santé et Action Sociale, FO Action Sociale et Santé, SUD Santé Sociaux) dénoncent notamment les "baisses de financement dans les établissements et services" ainsi que le "blocage des négociations salariales dans les conventions collectives". Ils réclament "la création des postes nécessaires" et une "augmentation générale des salaires" afin de prendre en compte "a minima la perte du pouvoir d’achat depuis 30 ans". (...)
– (l’Humanité)
2 millions de nouveaux inscrits mais pas de renforts : « une pagaille pas possible » à France Travail alertent les syndicats
Réforme du RSA, surcharge de travail, manque d’effectifs, salaires en berne… Une intersyndicale, réunissant la CGT, la CFTC, la FSU et Sud, appelle à une mobilisation nationale, le 1er avril, pour dénoncer le sort des agents mis en demeure d’absorber de nouvelles missions, sans moyens dignes de ce nom.
Quatre mois après sa généralisation, la réforme du RSA, inscrite dans la loi plein emploi, se cogne déjà au réel et au front des syndicats de France Travail, qui dégainent, ce 1er avril, un appel à une mobilisation nationale. Face à l’afflux de plus de 2 millions de nouveaux inscrits, sans renforts humains pour absorber le choc, et dans un flou persistant, « qu’est-ce qui aurait pu après tout mal se passer ? » ironisent les représentants de cette intersyndicale, réunissant la CGT, la CFTC, la FSU, Sud et le syndicat des travailleurs corses (mais sans la CFDT et Force ouvrière), qui avaient anticipé l’impasse actuelle, mais refusent de se résoudre à cette nouvelle détérioration de leurs conditions de travail.
En première ligne dans la mise en route des dispositions qui imposent désormais une inscription d’office dans les fichiers de France Travail à l’ensemble des allocataires du RSA, tout en les soumettant, via un contrat d’engagement, à quinze heures d’activités hebdomadaires – sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension de leur allocation- nombre d’agents s’attendaient à une situation chaotique. Qui se serait donc, selon les syndicats, confirmée.
Tâches supplémentaires
« C’est une pagaille pas possible », s’émeut Francine Royon, représentante de la CGT France Travail en Île-de-France, qui pointe la désorganisation et la tension causées par l’irruption, dans leurs plannings, de tâches supplémentaires, induites par l’entrée, dans leurs fichiers, non seulement de ces 1,2 million d’allocataires du RSA (et de leurs conjoints), mais aussi des 1,1 million de jeunes suivis par les missions locales, ainsi que des 220 000 travailleurs porteurs de handicap qu’épaule Cap emploi. (...)
Des agents épuisés, des usagers désorientés : les premiers effets de cette réforme semblent, pour l’heure, bien étrangers à « l’accompagnement rénové » vanté par Thibaut Guilluy, le directeur général de France Travail, en décembre dernier.