Des classes de terminale d’un lycée public devaient se rendre à la projection d’un documentaire sur le quotidien des habitants de la bande de Gaza, mais la sortie a été annulée à cause de posts anonymes qui exposaient le lycée en accusant le réalisateur de soutien au Hamas. Une trentaine d’élèves y sont tout de même allés.
Nous sommes des élèves d’un lycée public parisien, en classe de terminale. Dans le programme de la spécialité HGGSP (histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques), quelques heures sont consacrées aux relations israélo-arabes, et plus précisément au conflit israélo-palestinien. C’est dans ce cadre que nos professeurs avaient prévu de nous emmener voir un documentaire sur le quotidien des Gazaouis depuis octobre 2023. (...)
(...) Nous avons vu se développer autour de nous, malgré l’enthousiasme initial, un climat de peur et de méfiance. Il était maintenant question de nous protéger contre de potentiels débordements, et notre lycée, faisant de notre sécurité une priorité, a abandonné le projet. (...)
Par engagement et pour ne pas laisser ce type d’intimidation nous restreindre, nous avons manqué les heures de cours prévues à ce moment-là pour nous rendre à la projection. Le documentaire que nous avons finalement pu voir était très touchant. À travers différents portraits, il montre plusieurs situations et réalités de la vie à Gaza : un quotidien sous les tentes, celui de petites filles comme de personnes âgées s’organisant jour après jour pour continuer d’avancer malgré les bombes.
Nous sommes indignés par cette pression qui accuse un film exposant publiquement un quotidien très peu médiatisé, sous prétexte d’un contexte international saturé de polémiques. D’autant plus que le Hamas n’est pas présent dans le documentaire, et que la dimension idéologique du conflit n’y est évoquée à aucun moment. (...)
Nous sommes d’autant plus indignés que cette pression, anonyme et que nous voulions croire dérisoire, ait eu un impact aussi important. Qu’une personne qui agit anonymement sur un réseau social puisse avoir autant de pouvoir sur l’École. (...)