Ce billet propose d’abord une action collective immédiate pour défendre l’Université, la recherche et leurs budgets par un envoi de courriers d’alerte aux parlementaires. Il est consacré ensuite à la poursuite de nos propositions sur la liberté académique.
Envoi massif de courriers aux parlementaires
Nous vous invitons à contribuer à une deuxième opération « Grains de sable ». Il s’agit d’envoyer aux parlementaires et aux membres des cabinets ministériels des courriers électroniques leur rappelant l’utilité sociale de notre métier, notre fierté de l’exercer et la nécessité d’un budget alloué à l’Université et à la recherche publiques leur permettant de fonctionner. Nous présentons ci-dessus un double graphique permettant d’argumenter sur le fait que les moyens existent : ils ont été graduellement détournés vers le secteur privé. C’est aussi l’occasion de sensibiliser les parlementaires au fait que le Congrès américain a rejeté les coupes budgétaires massives exigées par M. Trump et a rétabli la majeure partie des financements fédéraux destinés aux sciences dans un accord bipartisan. Au lieu de la réduction drastique de 22 % initialement annoncée par la Maison Blanche, le budget limite la baisse globale et augmente les crédits alloués à la recherche fondamentale de 2 %. Serons-nous les dindons d’une farce grotesque qui conduit « Bercy » à mettre en œuvre ici le programme obscurantiste et délétère prôné par l’alliance Trump-Musk-Thiel ?
Le protocole de l’opération « Grains de sable » est le suivant :
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Onze propositions pour la liberté académique
Le travail sur la liberté académique se décline en cinq volets, que nous présentons ici.
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Protéger les universitaires contre les procédures-bâillons (...)
Les atteintes à la liberté académique, lorsqu’elles utilisent le droit commun, prennent la forme de procédures-bâillons et de poursuites abusives. Elles sont conçues pour intimider les chercheurs et enseignants-chercheurs, les épuiser et les dissuader de s’exprimer librement. Pour y mettre fin, il est nécessaire de créer un dispositif juridique dissuasif, inspiré des protections accordées aux lanceurs d’alerte et aux journalistes. L’enjeu est double : neutraliser les attaques judiciaires infondées et garantir une défense effective aux universitaires, en combinant sanctions financières, garanties procédurales et protection institutionnelle.
Propositions :
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Protéger et soutenir les chercheurs et universitaires menacés dans le monde
De nombreux universitaires et chercheurs sont contraints à l’exil en raison de conflits, de régimes autoritaires ou de persécutions liées à leurs travaux. Les mécanismes actuels du droit d’asile ne reconnaissent pas suffisamment leurs besoins spécifiques. Par ailleurs, ils ont besoin d’un soutien concret et structuré pour poursuivre leur travaux en toute sécurité. Pourtant, les dispositifs existants, comme le programme national d’aide à l’accueil en urgence des scientifiques en exil (PAUSE) restent fragiles, sous-financés et peu coordonnés à l’échelle européenne. De plus, ils sont soumis à deux paradigmes individualistes : celui de l’asile qui octroie le statut de réfugié au cas par cas et celui du Brain Drain qui vise à profiter des crises majeures pour étendre le mercato des P.I. — en langage technobureaucratique, « attirer les meilleurs chercheurs ». Les 33 recrutements précaires de la campagne Choose France disent assez l’absence de vision des sphères dirigeantes. (...)
Secret des sources et transparence des financements
La qualité et l’indépendance de la recherche reposent sur deux piliers : la protection des sources — essentielle pour préserver la liberté académique et la confiance des participants — et la transparence des financements — nécessaire pour éviter les conflits d’intérêts et les pressions extérieures. Pourtant, les chercheurs et universitaires ne bénéficient pas aujourd’hui d’un cadre juridique aussi robuste que celui des journalistes pour protéger leurs données sensibles, ni de règles claires pour encadrer les financements privés. Pour combler ces lacunes, il est urgent d’instaurer un régime autonome de protection, adapté aux spécificités de la recherche.
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Propositions :
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