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RFI
Nouvelle-Calédonie : la réforme constitutionnelle menacée dès son premier jour d’examen à l’Assemblée nationale
#NouvelleCaledonie #Kanaky #AssembleeNationale
Article mis en ligne le 2 avril 2026

Deux ans après les émeutes qui ont fait quatorze morts, paralysé l’archipel et provoqué plus de 2 milliards d’euros de dégâts, le projet de réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, priorité du gouvernement Macron, joue sa survie ce mercredi 1er avril à l’Assemblée nationale. Le texte ne fait en effet pas consensus localement, car il prévoit l’ouverture du corps électoral aux élections provinciales, et ce, contre l’avis des indépendantistes de l’île.

Le texte censé être examiné à l’Assemblée nationale à partir de ce jour doit permettre d’inscrire dans la Constitution les différents aspects des accords de Bougival de juillet 2025 et de l’Élysée-Oudinot de janvier 2026 signés avec les forces politiques locales. Il prévoit, entre autres, la création d’un État de la Nouvelle-Calédonie doté d’une nationalité propre.

Les tensions restent vives sur la question du calendrier des élections provinciales, déjà reportées trois fois, et l’élargissement du corps électoral, pour l’instant réservé aux personnes installées sur le Caillou avant 1998 et à leurs descendants. Adoptée au Sénat, la réforme se retrouve donc menacée par une motion de rejet préalable : autrement dit, le texte pourrait être enterré, avant même l’examen des articles.

Ce serait un revers cinglant pour le gouvernement, qui veut à tout prix éviter l’enlisement, après quatre ans de négociations et le traumatisme des émeutes de 2024. La motion de rejet devrait être votée par une large partie de la gauche, des Insoumis aux socialistes, mais aussi par le Rassemblement national, qui joue ici un rôle décisif. (...)

L’obstruction parlementaire comme arme politique

Même si la motion échouait, le texte paraît de toute façon condamné : près de 3 000 amendements ont été déposés par les Insoumis et les communistes, dans une stratégie d’obstruction assumée, en soutien aux indépendantistes du FLNKS, représentés par le député kanak Emmanuel Tjibaou, qui a déposé la motion de rejet : « Tout est négociable dans le cadre d’un accord global. Aujourd’hui, si la motion de rejet ne passe pas, on a bien entendu dans les couloirs qu’un projet de texte serait soumis sur le dégel du corps électoral. En dehors de tout accord, il faut faire attention. Il ne faut pas demander aux mouvements de libération de renoncer à l’exercice du droit à l’autodétermination. C’est cela qu’on conteste. »

Faute de majorité à l’Assemblée, le gouvernement envisage de convoquer un référendum local pour donner une légitimité démocratique à l’accord. « On ne passera pas en force, mais nous ne pouvons plus attendre indéfiniment », a indiqué Matignon.

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image : Sanjay Rao, CC0, via Wikimedia Commons