Mourir de froid, dans la septième puissance économique mondiale, n’est ni un fait divers ni un accident : c’est un choix politique. Mettre fin au sans-abrisme n’est pas une utopie. C’est un devoir républicain. Puisque l’État fait le choix d’abandonner, les maires doivent faire le choix politique de sauver.
(...) Deux chiffres : 350 000 personnes sont sans domicile fixe, tandis que plus de 2 millions de logements sont laissés vacants. Pour sauver des vies, il est urgent de réquisitionner pour loger femmes, enfants, hommes. Candidats aux élections municipales de mars 2026, nous refusons d’attendre de compter les morts de froid, qui sont en réalité des morts de l’inaction coupable de l’État et des collectivités
Les solutions existent en droit français. Les préfets peuvent réquisitionner des logements et des locaux vacants face à l’urgence. Ils peuvent confier ces biens à des organismes HLM et à des associations d’accompagnement social pour un usage durable. Ces outils, prévus par la loi, permettent d’agir immédiatement.
Puisque l’État fait le choix d’abandonner, les maires doivent faire le choix politique de sauver ! En cas d’urgence absolue lorsque des personnes dorment dehors par grand froid et que leur vie est donc mise en danger, le pouvoir de police du maire lui permet d’ordonner, à titre exceptionnel, la mise à disposition temporaire de locaux vacants pour prévenir une atteinte grave à la dignité humaine. Cette possibilité a été reconnue par le Conseil d’État. (...)
Les maires qui prétendent ne rien pouvoir faire mentent. Insoumis et candidats à diriger nos communes, nous utiliserons tous les leviers pour que personne ne meurt de la rue. (...)
Le plan grand froid illustre à lui seul l’impasse actuelle des politiques publiques. Déclenché toujours trop tard, sous la pression médiatique et associative, il repose sur une logique absurde : attendre que le thermomètre passe sous un seuil administratif pour agir. Une politique inefficace et dangereuse. Entre 0 et 5 degrés, le froid tue tout autant, surtout des corps déjà fragilisés par la rue. Ouvrir quelques places temporaires dans des gymnases ou des salles municipales, pour quelques nuits, sans accompagnement social durable, ne permet pas de répondre aux besoins réels. (...)