La semaine dernière, trois migrants soudanais ont été blessés par balles dans des camps informels. Des violences conséquentes, d’après les ONG, aux conditions de vie déplorables qui y subsistent, et à la politique de "non-accueil" des autorités.
Les autorités estiment que ces incidents sont liés à des conflits internes entre exilés, opposant les Afghans aux Soudanais.
Les associations de la région, de leur côté, pointe du doigt la politique de "non-accueil" conduite par les autorités et les conditions de vie difficiles dans les camps. D’après elles, ce contexte crée un climat de tension et de violence et pousse ainsi les migrants – également victimes des réseaux de trafic d’êtres humains - à commettre des délits ou des actes criminels.
"Conflits entre migrants afghans et soudanais"
Deux exilés soudanais ont été ciblés par des tirs à Calais dans la matinée du dimanche 11 août. Les deux jeunes hommes ont été retrouvés à deux endroits différents, distants de cinq kilomètres, et ont été transportés à l’hôpital par les secours. (...)
Ces derniers mois, de nombreux incidents violents du même type se sont déroulés dans le nord de la France, où s’installent temporairement des milliers de migrants dans l’espoir d’atteindre le Royaume-Uni. Le 1er avril, un migrant a été poignardé à mort à Loon-Plage. D’après des sources policières consultées par l’AFP, il s’agissait d’un homme âgé d’une trentaine d’années.
Début février également, le parquet de Dunkerque avait annoncé qu’un exilé avait été tué par balle et un autre blessé à proximité, là encore, du camp de Loon-Plage. D’après Charlotte Huet, la procureure de Dunkerque, l’homme décédé "avait été retrouvé vivant au bord de l’autoroute dans la commune de Grande-Synthe", puis transporté à l’hôpital avant de succomber à ses blessures. "Cet homme résidait dans un camp de migrants à proximité du lieu où il a été retrouvé", avait-elle ajouté. (...)
"Cette violence entre les migrants s’est accentuée récemment, que ce soit dans les camps ou sur la plage, indique-t-il. Mais il ne s’agit pas ici de haine entre groupes d’exilés (de nationalités différentes ndlr). C’est plutôt la conséquence de la politique de non-accueil conduite par la France et le Royaume-Uni, qui crée un climat de tension et de violence parmi les personnes ici". "Cette politique fait des migrants les victimes des réseaux de trafic, qui exploitent leur situation et tentent de tirer profit de leur tragédie".
D’après Thomas Chambon, un millier de personnes vivaient dans le camp de Grande-Synthe il y a encore deux semaines. Un chiffre qui peut parfois doubler en une seule nuit, en fonction de la météo et de l’état de la mer. Cette situation provoque de graves pénuries de nourriture, d’eau, de douches et de tentes, fournies uniquement par les associations.
Des traversées en nombre (...)
Ces voyages sont considérés comme très dangereux en raison notamment de la mauvaise qualité des bateaux utilisés par les trafiquants. La navigation maritime est également très dense dans la Manche, en plus des basses températures de l’eau. Selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar), plus de 600 navires commerciaux transitent quotidiennement dans le détroit. (...)