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Migrants dans la Manche : comment le matériel nautique arrive sur les côtes françaises
#Manche #migrants #immigration #naufrages
Article mis en ligne le 5 novembre 2024
dernière modification le 1er novembre 2024

Plus de 30 000 migrants ont traversé la Manche vers le Royaume-Uni depuis le début de l’année. Pour tromper la vigilance des forces de l’ordre, les passeurs font désormais appel à des livraisons de matériel nautique de dernière minute, tout droit venues d’Allemagne.

Ces derniers jours, sur le littoral de la Manche, "on compte les décès". Selon le procureur adjoint de Boulogne-sur-Mer, Patrick Leleu, les corps de quatre migrants ont été découverts mercredi 30 octobre sur une plage du Pas-de-Calais, portant le nombre de décès à au moins 57 depuis le début de l’année. Tous avaient tenté la traversée vers le Royaume-Uni en "small-boat", ces fragiles embarcations pneumatiques sur lesquelles s’entassent parfois jusqu’à 70 personnes.

Les passeurs s’adaptent en permanence pour tromper la vigilance des brigades mobiles qui patrouillent sur les 150 kilomètres de côtes qui s’étendent de Dieppe, en Seine-Maritime, à Gravelines, dans le Nord. Après l’enterrement du matériel nautique sur les plages, les passeurs ont adopté il y a un an et demi la technique des "taxi-boats", qui consiste à mettre les canots à l’eau sur les rivières qui se jettent dans La Manche (Canche, Authie, Aa…). Les autorités préfectorales ont depuis installé des barrages flottants sur les cours d’eau pour les décourager.
Des convois interceptés "tous les jours"

Les trafiquants utilisent surtout des "go-fasts" de matériel nautique venus tout droit d’Allemagne (...)

Procureur de la République à Saint-Omer, dont la juridiction comprend une bande de 11 kilomètres de plages particulièrement prisée des passeurs, Mehdi Benbouzid connaît bien le phénomène : "C’est une organisation tellement structurée que lorsque le bateau ne part pas ou qu’il est intercepté, il arrive que le donneur d’ordre soit informé avant moi", admettait-il en janvier dernier sur InfoMigrants.

D’après le magistrat, l’immense majorité des "petites mains" interpellées venait d’Allemagne : "La majorité sont des hommes entre 30 et 40 ans (…) Le plus souvent, ils ont été recrutés dans le milieu socio-culturel irako-kurde pour faire un ou plusieurs voyages qui consistent à prendre un véhicule qu’on leur donne, aller dans un entrepôt, charger le véhicule et arriver ici pour livrer le matériel à 4 h du matin au bord d’une plage. Quand on les interpelle, ils nous disent souvent qu’ils pensaient livrer du matériel pour des pêcheurs, des sauveteurs en mer."

Risque limité de poursuites en Allemagne (...)

le business n’est pas prêt de s’arrêter : "Il y a tellement d’argent à se faire, à la fin de l’année c’est peut-être 60 à 80 millions d’euros." (...)