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Loi Immigration : "Victoire", "scandale" ou appel au retrait, pluie de réactions après la censure du Conseil constitutionnel
#immigration #racisme #xenophobie #democratie #Conseilconstitutionnel
Article mis en ligne le 27 janvier 2024
dernière modification le 26 janvier 2024

Colère de la droite et de l’extrême-droite, soulagement à gauche : à peine rendue publique, la censure des Sages d’une grande partie de la loi Immigration, votée en décembre, a suscité de nombreuses réactions de la sphère politique. Les associations, elles, appellent à la prudence, voire au retrait pur et simple du texte.

Le couperet est tombé. Un mois après son vote à l’Assemblée nationale, la loi Immigration ressort allégée du tiers de ses articles, après avoir été soumise au Conseil constitutionnel. Sur les 86 articles du texte, 35 ont été retoqués totalement ou partiellement. Si Emmanuel Macron a aussitôt "pris acte" de cette décision, le bilan des Sages n’a pas été reçu de la même manière par les politiques. (...)

La droite et l’extrême-droite dans leur ensemble ont fustigé la censure du Conseil. (...)

Une loi "raciste et xénophobe"

Le coordinateur de La France Insoumise (LFI), à la gauche de la gauche, Manuel Bompard est revenu, lui, pour France Info, sur la stratégie politique choisie par le gouvernement pour faire voter la loi. "Je trouve très choquant que la droite dite républicaine se soit alignée comme elle l’a fait dans cette séquence sur les positions traditionnelles de l’extrême-droite". "Ils ont participé à une combine politicienne dans le dos de l’Assemblée nationale, a-t-il ajouté. Effectivement aujourd’hui, ils [en] payent le prix". (...)

Mais le coordinateur ne cache pas en revanche son inquiétude face au texte final, qui conserve notamment un large volet de simplification des procédures pour expulser les étrangers délinquants, l’un des objectifs de Gérald Darmanin. Et sans surprise, l’article sur les régularisations de travailleurs sans-papiers dans les métiers en tension, qui avait cristallisé les débats de l’automne, perdure aussi dans le texte.

Manuel Bompard appelle donc l’exécutif à "retirer" la loi, tout comme la députée LFI Andrée Taurinya, qui assure que la lutte continue [...] pour que ce texte soit retiré". "L’ensemble [du texte] reste raciste et xénophobe", selon elle. Pour le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure, le gouvernement portera d’ailleurs "comme une tache indélébile l’appel à voter" la loi.

"Cette loi, on n’en veut pas"

Du côté des associations aussi, on se réjouit de cette censure, même si la prudence reste de mise. "C’est une victoire ce soir", a réagi lors d’un rassemblement associatif près du Conseil constitutionnel le président d’Amnesty international, Jean-Claude Samouiller. Mais l’ONG sera "vigilante" à ce que la partie du texte censurée "ne revienne pas par la fenêtre" avant la promulgation de la loi, a-t-il ajouté.

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