Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Mediapart
Les opposants à l’A69 réussissent leur ramdam
#autoroute #A69 #Castres #Toulouse #arbres #resistance
Article mis en ligne le 23 octobre 2023
dernière modification le 22 octobre 2023

La mobilisation « Ramdam sur le macadam » a rassemblé une dizaine de milliers de personnes à côté de Castres contre le projet d’autoroute A69 samedi. Six cortèges ont défilé, chacun avec sa méthode, face à un très fort déploiement policier.

Rassemblé·es sur les terres de La Crémade, une ferme expropriée dans le cadre des travaux de l’A69, les manifestant·es, dont beaucoup étaient déjà arrivé·es vendredi soir, se sont mis·es en marche un peu après 13 heures. Les organisateurs (La voie est libre, Les Soulèvements de la terre, La Déroute des routes, le Groupe national de surveillance des arbres, le GNSA, Extinction Rebellion Toulouse, le GLAM, et la Confédération paysanne) ont annoncé au final plus de 10 000 personnes.

Le cortège principal s’est étoffé en cours de route, sous le soleil, et il est très vite apparu que le nombre de personnes était plus élevé qu’au printemps, le 22 avril, où un peu plus de 8 000 personnes avaient convergé dans la banlieue de Castres pour la mobilisation « Sortie de route ». (...)

Six mois pile après ce premier rendez-vous très réussi, « Ramdam sur le macadam » a proposé six cortèges. À chacun sa route, son nom, sa couleur et... son destin. Le principal, « Désenclavement » (drapeau bleu), dont le tracé avait été déclaré et âprement négocié avec la préfecture, a rassemblé le plus gros des troupes, les organisations de la mobilisation, les formations politiques, syndicats et associations associés à la lutte.

Le cortège « Décarbonation » (drapeau jaune) a réuni quelques centaines de cyclistes. Celui de « Compensation environnementale » (drapeau vert) proposait une « balade familiale et champêtre sur les traces de la légendaire compensation environnementale ». Le cortège « Valorisation du territoire » (drapeau violet) a ouvert une ZAD sur des bâtiments agricoles de La Crémade. Les deux derniers cortèges « Économie locale » (drapeau rouge) et « Utilité publique » (drapeau or) proposaient d’aller « tous·tes au charbon pour re-lancer l’économie locale », de prendre des parapluies parce que « dans le Tarn, l’argent ruisselle » et les baskets étaient « conseillées ».

Des heurts très limités (...)

Dans le campement – mis en place dès jeudi soir malgré les entraves des forces de police et de gendarmerie –, les premier·es manifestant·es ont commencé à revenir aux alentours de 16 heures sans charrier odeur de lacrymogène ni récits de violences policières.

Le cortège principal lui s’est déroulé sans aucun heurt. (...)

dans les rangs des marcheuses et marcheurs de « Désenclavement », l’offre démultipliée des cortèges est vue d’un bon œil. « Chacun choisit son mode de lutte, note Alain de La voie est libre. On n’est pas là pour condamner qui que ce soit. Nous, nous avons laissé beaucoup de portes de sortie aux élus... Ils n’en veulent pas. Là, aujourd’hui, ils ont une jeunesse désemparée face à eux. Ils récoltent ce qu’ils ont semé, c’est tout. »

Le visage amaigri par plusieurs semaines de grève de la faim, tenant une banderole du GNSA avec ses camarades, Thomas Brail confirme : « Ces cortèges différents montrent la diversité du mouvement et du collectif et ça rappelle juste qu’on n’est pas tous des moutons. On a le même objectif, et on se mobilise pour ça comme on l’entend. C’est notre diversité et on est unis. C’est très bien ! »
Une foule variée

Une diversité visible et palpable dans la foule qui au fil de la matinée a rempli le campement avant de partir en manif. Les drapeaux des associations et collectifs qui portent la lutte sont partout mais aussi ceux de LFI, de EELV, du NPA, de Solidaires, de la LDH, l’inévitable croix occitane, des antifas, des anarchistes... Le « brief de la légale » (« J’ai rien à déclarer ») se fait en rappant sur une remorque. (...)

dans les rangs des marcheuses et marcheurs de « Désenclavement », l’offre démultipliée des cortèges est vue d’un bon œil. « Chacun choisit son mode de lutte, note Alain de La voie est libre. On n’est pas là pour condamner qui que ce soit. Nous, nous avons laissé beaucoup de portes de sortie aux élus... Ils n’en veulent pas. Là, aujourd’hui, ils ont une jeunesse désemparée face à eux. Ils récoltent ce qu’ils ont semé, c’est tout. »

Le visage amaigri par plusieurs semaines de grève de la faim, tenant une banderole du GNSA avec ses camarades, Thomas Brail confirme : « Ces cortèges différents montrent la diversité du mouvement et du collectif et ça rappelle juste qu’on n’est pas tous des moutons. On a le même objectif, et on se mobilise pour ça comme on l’entend. C’est notre diversité et on est unis. C’est très bien ! »
Une foule variée

Une diversité visible et palpable dans la foule qui au fil de la matinée a rempli le campement avant de partir en manif. Les drapeaux des associations et collectifs qui portent la lutte sont partout mais aussi ceux de LFI, de EELV, du NPA, de Solidaires, de la LDH, l’inévitable croix occitane, des antifas, des anarchistes... Le « brief de la légale » (« J’ai rien à déclarer ») se fait en rappant sur une remorque. (...)

Dans le ciel, l’hélicoptère tourne. Des drones aussi ont été prévus par la préfecture. 1 600 hommes des services de gendarmerie et de police ont été déployés, et 15 communes situées sur le parcours entre Toulouse et Castres sont frappées d’interdiction de rassemblement. « On est sur une pente qui ne nous étonne plus en matière de répression, souligne Nounours. D’abord les quartiers populaires, ensuite les militants écolos, maintenant le mouvement de solidarité avec la Palestine. Le déploiement d’aujourd’hui était prévisible... » (...)

Six mois après la « Sortie de route » d’avril dernier et au terme d’une rentrée de septembre marquée par le début des travaux, le bras de fer instauré par les grévistes de la faim et la fin de non-recevoir des autorités, « Ramdam sur le macadam » est venu aujourd’hui rappeler que la lutte contre l’A69 est loin d’être finie. Comme si les arbres coupés, les terrassements et les plateformes de chantier que l’on voit désormais tout au long de la route entre Toulouse et Castres plutôt que d’assommer les opposant·es, les avaient raffermi·es dans leur combat.

Samedi matin, lors de la conférence de presse, Amalia de XR Toulouse a résumé ce qui, jusqu’à dimanche soir avec des concerts, débats et animations, rassemble des milliers de personnes dans un champ à côté de Castres : « On a le devoir et la légitimité de s’interposer. »