
Les émissions de gaz à effet de serre de la France ont baissé de 4,8 % en 2023, par rapport à 2022. Un rythme de baisse record, inédit depuis 2015, selon les estimations, encore temporaires, du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), qui a publié ces données le 20 mars.
Autre bonne nouvelle, la baisse concerne pour la première fois tous les secteurs émetteurs. En premier lieu, la production d’énergie (-14 %) grâce à la bonne performance du nucléaire et des énergies renouvelables, précise le Citepa. Les bâtiments (-6 %), l’industrie (-8 %) et les transports (-2 %) baissent également. Une baisse encore insuffisante dans les transports, qui constitue un sérieux bémol au tableau puisque ceux-ci représentent la première source d’émissions de gaz à effet de serre en France, avec environ 30 % du total.
L’inflation est l’une des causes
Le secteur aérien notamment reste fortement à la hausse. Et le transport routier reste pénalisé par le développement des SUV que dénoncent les ONG écologistes.
Autre interrogation : savoir si cette baisse inédite est liée à des efforts structurels ou si elle est conjoncturelle. Le Citepa évoque l’inflation comme l’une des causes de la baisse des émissions dans le bâtiment et le comportement des ménages. De même, la sobriété des industriels liée à la crise de l’énergie pourrait n’être que passagère. (...)
Pour respecter l’objectif européen, de baisse des émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990, la France devrait continuer au moins sur le même rythme de baisse au cours des sept prochaines années. Il faudra également pour cela réhausser les ambitions de la prochaine Stratégie nationale bas carbone (SNBC), souligne le Citepa. (...)