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Marie-Claude Saliceti
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Les dirigeants de la multinationale Lafarge condamnés pour complicité de terrorisme
#Lafarge #Syrie #terrorisme #multinationales
Article mis en ligne le 17 avril 2026
dernière modification le 15 avril 2026

C’est un jugement hautement symbolique qui est tombé lundi 13 avril, au terme d’années de procédure. La multinationale du ciment Lafarge et huit anciens dirigeants ont été condamnés pour avoir financé le terrorisme en 2013 et 2014. Ils avaient versé de l’argent à des groupes jihadistes pour pouvoir continuer à faire tourner leurs usines, et donc faire des profits en Syrie, en pleine guerre civile ayant couté la vie à plusieurs centaines de milliers de personnes. L’ancien PDG de Lafarge, Bruno Lafont, est condamné à six ans de prison avec incarcération immédiate. Les « éco-terroristes » n’existent pas, mais les complices du terrorisme sont à la tête de multinationales écocidaires.

L’entreprise Lafarge a d’abord été poursuivie aux États-Unis, et avait accepté en octobre 2022 de payer une sanction financière de 778 millions de dollars et de plaider coupable pour sa complicité. Ce qui n’a pas aidé sa défense en France.

Dans l’hexagone, la justice a épluché des échanges de mails, comptes-rendus de réunions et relevés bancaires. Au terme d’un long procès qui a eu lieu ces dernières semaines, le parquet a qualifié le choix des dirigeants de Lafarge de « purement économique, ahurissant de cynisme ».

Cette condamnation nous rappelle que les services anti-terroristes ont d’abord frappé les opposant·es à Lafarge. Le 10 décembre 2023, les Soulèvements de la Terre et 200 organisations écologistes, paysannes et syndicales lançaient un appel contre le monde du béton. Dans ce cadre, une usine de ciment située près de Rouen était envahie et peinturlurée, dans une ambiance carnavalesque. Pour cette simple action qui n’avait provoqué que quelques dégâts matériels, les services anti-terroristes avaient été saisis.

Une dizaines de militant·es avaient subi une procédure traumatisante. (...)

Comme toujours lors de ces procès politiques, il n’y avait rien dans le dossier, et les avocat·es de la défense parlaient d’un « dossier gruyère ». L’État français s’était chargé lui-même de terroriser celles et ceux qui s’opposaient aux véritables financeurs de groupes terroristes, bien réels ceux-ci.