Le président israélien Isaac Herzog est arrivé ce 24 février en Éthiopie pour une visite de deux jours. Au menu notamment, une rencontre avec son homologue éthiopien Taye Atske-Selassie, mais aussi avec le Premier ministre Abiy Ahmed. Pour Israël, dont les relations avec ses partenaires africains se sont délitées depuis le 7-Octobre, l’Éthiopie reste un partenaire clé sur le continent.
La visite du président israélien Isaac Herzog est avant tout géopolitique. L’Éthiopie est en effet un partenaire clé de Tel Aviv, qui cherche à s’imposer dans la Corne de l’Afrique. Fin décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître l’indépendance du Somaliland. Cette région autonome de la Somalie est également soutenue par les Émirats arabes unis, partenaire privilégié de l’Éthiopie.
La venue d’Isaac Herzog est aussi l’occasion pour Addis-Abeba de consolider son partenariat sécuritaire avec Israël. D’après Benjamin Augé, chercheur à l’Ifri, l’Institut français des relations internationales, l’État hébreu cherche en effet « à vendre des technologies de surveillance » à l’Éthiopie. Il souhaite aussi « conclure des accords, dans l’objectif de rendre les renseignements éthiopiens plus efficaces ».
L’Éthiopie cherche à renforcer sa sécurité (...)
Pas de retour en grâce d’Israël auprès de l’Union africaine
En revanche, en venant à Addis-Abeba, peu de chances pour Israël de renouer avec l’Union africaine.
« La stratégie d’Israël vis-à-vis de l’Union africaine a été un véritable fiasco », résume Benjamin Augé. « Et ils ne s’en sortent pas, c’est-à-dire qu’ils ont eu un statut de membre observateur qui n’a jamais été traduit dans les faits : la plupart des grands pays africains que sont l’Algérie, le Niger et l’Afrique du Sud sont absolument contre qu’ils aient ce statut-là. »
Lors du dernier sommet de l’Union africaine, le 14 février dernier, le président de la Commission, Mahamoud Ali Youssouf, avait appelé à l’arrêt de « l’extermination » du peuple palestinien.