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Le pape François en croisade contre les climatosceptiques
#urgenceclimatique
Article mis en ligne le 6 octobre 2023
dernière modification le 5 octobre 2023

8 ans après Laudato si’, le pape François publie un nouveau texte sur l’écologie, Laudate Deum. Il alerte sur la gravité de la crise climatique, fustige les « puissants » et « met fin à l’idée d’un être humain autonome, tout-puissant et illimité ».

François rappelle qu’« on ne peut plus douter de l’origine humaine du changement climatique », cite régulièrement le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) et évoque les « expressions tangibles d’une maladie silencieuse qui nous affecte tous » : les phénomènes extrêmes, les périodes de chaleur inhabituelle, les sécheresses et « autres gémissements de la Terre ». « Nous avons beau essayer de les nier, de les cacher, de les dissimuler ou de les relativiser, les signes du changement climatique sont là, toujours plus évidents », écrit-il. Et « la possibilité de parvenir à un point critique est réelle ».

Pour le pontife, il ne fait « aucun doute » que les conséquences du changement climatique « seront de plus en plus préjudiciable à la vie et aux familles de nombreuses personnes » : « Nous en ressentirons les effets dans les domaines de la santé, de l’emploi, de l’accès aux ressources, du logement, des migrations forcées, etc. Il s’agit d’un problème social global qui est intimement lié à la dignité de la vie humaine. » Sans oublier les menaces qui pèsent sur les autres espèces : « Les autres créatures de ce monde ont cessé d’être nos compagnes de route pour devenir nos victimes. »

« L’Afrique n’est responsable que d’une infime partie des émissions historiques » (...)

Le pape déplore aussi l’apathie des « grandes puissances économiques », « soucieuses du plus grand profit au moindre coût et dans les plus brefs délais possibles ». (...)

Il s’attaque « au marketing et aux fausses informations de ceux qui disposent de plus de ressources », dont usent les décideurs « pour illusionner les habitants de la région en leur parlant du progrès local qui pourra être généré, ou des opportunités économiques en matière d’emploi et de promotion humaine que cela signifiera pour leurs enfants ». (...)

« nous courons le risque de rester enfermés dans la logique du colmatage, du bricolage, du raboutage au fil de fer, alors qu’un processus de détérioration que nous continuons à alimenter se déroule par-dessous ».

Le pape, agacé par les « moqueries irresponsables qui présentent ce sujet comme étant uniquement environnemental, “vert”, romantique, souvent ridiculisé par des intérêts économiques », croît beaucoup en l’activisme. Y compris aux « actions de groupes fustigés comme “radicalisés” » qui « comblent un vide de la société dans son ensemble qui devrait exercer une saine “pression” ; car toute famille doit penser que l’avenir de ses enfants est en jeu. » (...)

Il fustige, enfin, la faiblesse de la politique internationale et appelle à reconfigurer le multilatéralisme, « à le recréer à la lumière de la nouvelle situation mondiale ». Il souhaite que les citoyens prennent le contrôle du pouvoir politique. (...)

Aux « puissants », dont il critique « le paradigme technocratique », il « ose » répéter une question posée dans Laudato si’ : « Pourquoi veut-on préserver aujourd’hui un pouvoir qui laissera le souvenir de son incapacité à intervenir lorsqu’il était urgent et nécessaire de le faire ? » (...)