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Marie-Claude Saliceti
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« La résistance se nourrit de notre labeur » : les Libanaises sur tous les fronts face à Israël
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu #Liban
Article mis en ligne le 6 mai 2026
dernière modification le 2 mai 2026

Grands-mères, paysannes, résistantes : les femmes du Sud-Liban sont essentielles dans la résistance face à Israël. Confrontées à une nouvelle guerre, avec son lot d’exil et de destructions, elles tentent de préserver leur lien à la terre.

Les femmes en première ligne des guerres

Depuis le 2 mars, les bombardements israéliens ont fait plus de 2 100 morts et 7 000 blessés au Liban, dont 1 355 femmes, alors qu’Israël affirme viser des « infrastructures terroristes ». Depuis le cessez-le-feu, l’État hébreu occupe 600 km² du Liban du Sud, où il a déclaré une « ligne jaune », comme à Gaza, dans le but d’en faire une zone tampon « anti-tanks » dévastée, y rasant villages et champs. Face aux tentatives israéliennes de s’approprier le territoire libanais, les femmes et agricultrices sont souvent en première ligne. (...)

Un documentaire culte des années 1980 illustre la résistance, tantôt pacifique, tantôt armée, des « fleurs sauvages » du Sud-Liban. « Elles ne sont pas seulement les filles d’agriculteurs [et] les mères des martyrs. Elles sont les premières propriétaires de la terre, les gardiennes des semences, des récits et de la survie [...] Quand l’ennemi est arrivé, elle[s] ne [se sont] pas enfuie[s], elle[s] [ont] résisté. Pas pour la gloire, mais pour la dignité », écrit ainsi Lina Saad, autrice et cheffe libanaise. (...)

Des agentes actives sur tous les fronts

Le rôle de ces (grands-)mères de famille, souvent fellaha (paysannes), est pourtant souvent essentialisé à celui de femmes au foyer illettrées, mères de martyrs passives.

« Il est vrai que pour que la résistance de guérilla soit efficace, il faut qu’elle soit ancrée dans le territoire, ce qui dépend de la capacité des femmes à entretenir les foyers et à fournir nourriture et abri aux combattants, explique Munira Khayyat, enseignante à l’université de New York et autrice d’un livre sur l’écologie de la résistance au Sud-Liban. Mais les femmes ont aussi affronté les forces israéliennes directement, comme Soha Béchara [militante et icône de la résistance] — elles occupent des rôles divers, sont des agentes actives qui savent composer avec les contraintes, et non des figures passives. » (...)

C’est que les femmes et hommes du Liban du Sud, jeunes ou âgés, doivent tous composer avec les invasions et l’occupation israélienne, mais aussi le poids du patriarcat, de l’économie et de la marginalisation historique de ce territoire, souligne la chercheuse. (...)