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Mediapart
L’internationale réactionnaire à la rescousse de Marine Le Pen
#extremedroite #LePen #democratie
Article mis en ligne le 2 avril 2025
dernière modification le 1er avril 2025

Le porte-parole du Kremlin et Viktor Orbán, mais aussi Elon Musk, ont dénoncé la condamnation de l’ex-présidente du RN. Outre leurs affinités idéologiques avec le parti d’extrême droite, les dirigeants russe et hongrois sont aussi indirectement liés à ses finances.

AvantAvant même que la peine d’inéligibilité de Marine Le Pen soit prononcée, le Kremlin a estimé que sa condamnation relevait du « non-respect des normes démocratiques ». Un « non-respect » qui concernerait « de plus en plus de capitales européennes », à en croire son porte-parole, Dmitri Peskov.

Un jugement qui ne manque pas de cynisme venant d’un exécutif qui envoie en prison défenseurs des droits humains, artistes, journalistes et avocats, quand il n’élimine pas physiquement ses opposants. « Nous ne voulons pas nous ingérer dans les affaires intérieures de la France, nous ne l’avons jamais fait », a par ailleurs ajouté Dmitri Peskov, contre toute évidence.

Parmi les dernières tentatives en date d’ingérence russe dans la politique française : une campagne d’influence menée par des comptes prorusses, qui, à l’été 2024, avait fait la promotion du parti d’extrême droite lors de la campagne pour les élections européennes (confrontée aux révélations de Mediapart sur cette campagne, Marine Le Pen avait dénoncé un « mensonge », avant d’être démentie par son propre parti).

Les liens du Rassemblement national (RN) avec le Kremlin ne sont pas qu’idéologiques : ils sont aussi financiers. Le parti a bénéficié en septembre 2014 d’un prêt de 9,4 millions d’euros auprès de la First Czech-Russian Bank (FCRB) – banque basée à Moscou, qui fera faillite deux ans plus tard.

L’ex-présidente du RN a toujours tenté de minimiser la portée de ce prêt, assurant d’abord qu’elle l’avait signé « avec une banque, pas avec Vladimir Poutine ». Mediapart a pourtant révélé le rôle clé joué dans son obtention par un fidèle lieutenant de Vladimir Poutine, son conseiller chargé des relations avec les organisations russes à l’étranger (et par ailleurs vice-président de la Douma), Alexandre Babakov.

Marine Le Pen a également toujours assuré que ce prêt n’avait eu aucune incidence sur les positions exprimées par son parti vis-à-vis du Kremlin. Là encore, Mediapart a révélé le contraire en juin 2024, en démontrant comment l’eurodéputé qui a négocié le prêt russe au RN, Jean-Luc Schaffhauser, dispose d’une fondation qui a touché des centaines de milliers d’euros en échange d’interventions en faveur de Moscou au Parlement européen. (...)

La solidarité « illibérale » de Viktor Orbán

Le premier ministre de Hongrie, Viktor Orbán, a lui aussi témoigné de sa solidarité, mais en français dans le texte, à travers un chaleureux « Je suis Marine ». Le dirigeant hongrois, en poste depuis une quinzaine d’années, a fait de son pays un laboratoire avancé du projet national-conservateur, visant à démanteler les piliers libéraux d’un régime démocratique.

La normalisation du paysage médiatique, comme les atteintes aux droits de l’opposition, des corps intermédiaires et des minorités, ont fait le quotidien de ce pouvoir, qui soutient logiquement la dirigeante du RN et son projet de refonte xénophobe de la Ve République. Mais comme dans le cas russe, les affinités idéologiques entre le régime de Orbán et Marine Le Pen se sont accompagnées de liens financiers. (...)

Salvini, Abascal ou Wilders : #JeSoutiensMarine

Aux côtés d’Orbán, c’est l’ensemble des partis frères des Patriotes pour l’Europe, le groupe d’extrême droite au sein duquel siège le RN au Parlement européen, qui a volé au secours de la dirigeante française. (...)

N’en déplaise aux amis internationaux de Marine Le Pen et du RN, le contournement de la loi par la candidate et son parti a, en l’occurence, été amplement documenté. Les magistrats ont d’ailleurs pris soin de détailler leurs décisions concernant les peines prononcées, pour montrer à quel point ils traitaient ces responsables politiques comme des justiciables ni inférieurs ni supérieurs à n’importe quel citoyen.