Une carte de paiement pour en finir avec les retraits en liquide ou encore des travaux d’intérêt général obligatoires : voici deux mesures de dissuasion mises en place par l’Allemagne. Le but ? Réduire le nombre de demandeurs d’asile dans le pa
ys en le rendant moins attractif.
Il est des cas dans lesquels la bureaucratie allemande semble opérer plus rapidement que d’accoutumée. A peine décidée par le chancelier Olaf Scholz et les ministre-présidents des régions (Länder) en novembre dernier, que la nouvelle carte de paiement pour les migrants a commencé à voir le jour dans une série de municipalités.
Le Land de Thuringe, dans l’est de l’Allemagne, a pris les devants en limitant les prestations en espèces pour les demandeurs d’asile. Ces prestations se retrouvent désormais bloquées sur une carte de paiement, qui ne peut être utilisée que pour effectuer des achats localement.
Les retraits d’argent liquide sont impossibles, tout comme les virements bancaires en Allemagne ou à l’international. D’autres villes à travers le pays ont commencé à introduire ce système que le gouvernement fédéral espère imposer sur l’ensemble du territoire d’ici la fin de l’année. (...)
en Thuringe, la circonscription de Saale-Orla compte faire travailler les demandeurs d’asile jusqu’à 4 heures par jour pour une indemnité horaire de 80 centimes. Les activités peuvent aller du jardinage au montage de tentes pour les fêtes municipales.
En cas de refus, l’aide bloquée sur la carte de paiement sera réduite. Cette déduction peut aller jusqu’à 180 euros par mois, sur les près de 460 euros mis à disposition des demandeurs.
La mesure serait conforme aux loi en vigueur. (...)
Une enquête réalisée par l’institut de sondage Insa pour le tabloïd conservateur Bild montre que 82 % des interrogées sont favorables à des travaux d’intérêt général. La carte de paiement bénéficie également d’un fort soutien, avec 77 % d’opinions favorables.
Dans le même temps, le parti d’extrême droite et anti-migration AfD est en tête des sondages en Thuringe, où des élections régionales se tiennent cette année. (...)
L’Allemagne reste la première destination des demandeurs d’asile au sein de l’Union européenne (UE). (...)
En Allemagne, la gestion des nouveaux arrivants est confiée aux autorités locales. Partout dans le pays, des municipalités se plaignent d’un manque de logements ou encore de services comme la garde d’enfants.
C’est dans ce contexte que, selon une étude de la fondation Bertelsmann, la méfiance à l’égard de l’immigration et les inquiétudes sur d’éventuelles conséquences négatives ont considérablement augmenté. (...)
De nouvelles propositions sont à venir (...)
Entre autres mesures, le ministère de l’Intérieur étudie la possibilité de traiter les demandes en dehors de frontières de l’UE - comme prévoit de le faire l’Italie en Albanie, ou le Royaume-Uni au Rwanda. Il doit présenter ses conclusions d’ici le mois de juin.