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Joseph Stiglitz : « Il faut un nouveau contrat social »
#Stigliz #contratSocial
Article mis en ligne le 27 janvier 2026
dernière modification le 24 janvier 2026

Lauréat en 2001 du prix Nobel de l’économie (avec George Akerlof et Michael Spence), l’américain Joseph E. Stiglitz était invité le 11 octobre 2019 à la Friche de la belle de mai à l’initiative du Laboratoire AMSE – Aix – Marseille School of Economics, soutenu par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Une conférence aux accents de « promo » dans le cadre de la publication de son dernier ouvrage « Peuples, pouvoir&profits » (Les liens qui libèrent), paru le 25 septembre 2019. Une rencontre incontournable dans une grande salle archi-comble à Marseille où les applaudissements ont fusé avant que la séance ne se conclue par un échange avec le public. (...)

(...) Joseph Stiglitz prône une alternative avec ce qu’il nomme « Le capitalisme progressiste », une expression qu’il préfère à « Démocratie sociale ». Laquelle serait plus adaptée pour l’Europe risquant, dans un contexte américain, de susciter des analogies infondées.

Et d’expliquer : « Si j’avais parlé de démocratie sociale, Trump régirait aussitôt en fustigeant qu’on se retrouve alors au Vénézuela ».

Où va la richesse des profits qui augmentent ? (...)

Et de se référer à l’économiste français Thomas Picketty, sur la question de la rente et des inégalités croissantes, suscitées par la transmission des patrimoines bien plus que par la rémunération du travail. Un système qui gagne la planète entière et entraîne de lourds dégâts humains et environnementaux.

Le revenu médian des américains stagne depuis 60 ans (...)

Il fustige le système financier qui depuis plus de 15 ans « profite à une poignée de personnes les plus riches » et dénonce le « pouvoir » d’un marché « qui devrait être structuré, dont on doit réécrire les lois et règles de jeu » et qui, en outre « ne gère ni les questions de transition ni celles de transformation ».

En fervent opposant à D.Trump qualifié de « chasseur de rente, blanchisseur d’argent et roi de l’évasion fiscale », Joseph Stiglitz rappelle la régression sociale inédite, dans laquelle le président a plongé son pays (...)

Un état de guerre économique

Un néolibéralisme face auquel il s’agit désormais de se mobiliser « comme quand on est en état de guerre » précise l’économiste, évoquant : « Si l’économie peut sembler une science inutile qui décrit seulement l’état du monde, elle peut néanmoins insuffler une alternative. Il faut une réforme au néolibéralisme car ce sont les réformes qui ont changé depuis des siècles la face de la société. Cette période n’est pas qu’une question d’économie mais aussi de pouvoir et de politique, car on ne peut séparer les deux. Il s’agit de réécrire les règles de base, de s’assurer qu’on est bien sur terre en adéquation avec un environnement à protéger. Il s’agit d’accroître les défenses publiques et de pondérer un système fiscal plus juste à travers une réelle action publique ».

« Apprivoiser le capitalisme, croire que le progrès social est possible, tempérer le marché », autant d’objectifs lancés par le prix Nobel de l’économie qui dévoile ici ces propositions urgentes. (...)

Il s’agit d’affranchir tout pouvoir politique de celui financier pour vaincre « l’anémie de l’économie, le pouvoir des monopoles, la mauvaise gestion de la mondialisation, la financiarisation abusive, le changement technologique mal maîtrisé ».

Pour une économie qui insuffle une dynamique

Face à toutes ces orientations aux dissonances cognitives qui nourrissent les populismes et augurent de lendemains qui déchantent, il y a urgence à s’attaquer à la protection climatique. (...)