La plus ancienne correspondance privée de l’humanité raconte les mariages et les divorces, le commerce et la fraude fiscale, le métier d’éleveuse ou de tisseuse. Des voix de femmes imprimées dans l’argile depuis 4000 ans, qui livrent des récits troublants d’actualité.
Elles s’appellaient Suhkana, Kunnaniya, Lamasha ou Hattitum, étaient épouses, veuves, éleveuses de bœufs, comptables ou dévotes, et vivaient en Mésopotamie… il y a 4000 ans. Les archéologues ont retrouvé des milliers de correspondances écrites sur des tablettes d’argile. À la lecture de ces textes, que ces femmes ont envoyés ou reçus, on est avec elles ému, en colère, fatigué, enthousiaste ou inquiet…
Cécile Michel1, historienne et archéologue, spécialiste de la Mésopotamie, a réuni la plus ancienne correspondance privée de l’humanité. Et a classé une partie de cette correspondance de telle sorte qu’on puisse cheminer aux côtés d’une trentaine de femmes, pour partager leur quotidien. (...)
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Ces populations maîtrisent l’écriture cunéiforme et tracent des caractères à la pointe du roseau, sur des tablettes d’argile fraîche. Les tablettes sont placées dans des enveloppes d’argile, fermées, puis scellées à l’aide d’un petit sceau cylindrique, témoin de l’identité de l’expéditeur. (...)
image : Original author unknown. Translation help provided by Manuel Molina., Public domain, via Wikimedia Commons