Supposé répondre au malaise du monde agricole, le texte du gouvernement prévoit de lever plusieurs protections existantes sur l’environnement. En « luttant contre les recours abusifs », son article 23 viserait à intimider les lanceurs d’alerte.
Les actions en justice des associations écologistes vont-elles subir un nouveau coup de boutoir ? Le projet de loi d’urgence agricole, examiné le lundi 4 mai en commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale, se veut une réponse à la colère d’une partie du monde agricole qui manifestait cet hiver contre l’adoption du traité de libre-échange du Mercosur, entré en vigueur le 1er mai, et contre la gestion de la dermatose bovine, cette maladie touchant les bovins.
Composé de 23 articles, ce texte vise à colmater ce mal-être en levant plusieurs protections existantes sur l’environnement, via notamment la protection des captages d’eau, la limitation des zones humides ou encore la facilitation de la construction de nouveaux bâtiments d’élevage. (...)
Dans le détail, le projet de loi se veut surtout être une réponse aux demandes de la FNSEA, le syndicat majoritaire et productiviste. (...)
ce débat en commission intervient dans un contexte particulier : la France est supposée transposer une directive européenne visant à lutter contre les procédures-bâillons d’ici le 7 mai. Une arme judiciaire généralement intentée par des personnalités en position de pouvoir visant à saisir abusivement les tribunaux pour dissuader les journalistes, les syndicats ou les lanceurs d’alerte de continuer à publier des informations d’utilité publique.
Jugeant leur multiplication inquiétante, la Commission européenne avait déposé ce projet de directive en avril 2022 avant qu’il ne soit adopté par les eurodéputés en 2024. Les États membres avaient alors deux ans pour appliquer ce texte, ce que la France n’a toujours pas fait. (...)