Sur ces photos, s’agit-il de hooligans d’extrême droite cagoulés qui montrent une banderole de l’équipe adverse ? D’un gang néo-nazi fier de montrer un trophée volé à une bande rivale ? Non, ce sont des policiers armés et payés par le gouvernement.
(...) Ce jour là, la police déployée en grand nombre avait protégé et accompagné le collectif d’extrême droite « Némésis », qui revendique un « féminisme identitaire » consistant à instrumentaliser la cause des femmes pour stigmatiser les étrangers. Les policiers ont aussi accompagné le collectif pro-Israël « Nous vivrons », qui crée des tensions avec le reste des manifestations féministes depuis deux ans.
Lors de cette manifestation, la police a chargé et gazé le cortège féministe antifasciste, et en a profité pour voler, avec une grande violence, sa banderole. C’est ainsi qu’une unité de policiers cagoulés s’est retrouvée à se photographier dans le commissariat, renversant la banderole sous un drapeau français, fiers de leur acte.
Ce n’est pas la première fois que les forces de l’ordre se comportent ainsi. Le 11 février 2023, à Paris déjà, des CRS en nombre incalculable n’avaient pas cessé d’attaquer le cortège de tête d’une manifestation pour les retraites, afin de voler la banderole. (...)
Ce jour-là, la banderole avait été prise par les policiers à grands coups de matraque, et un des hommes qui la tenait avait été placé en garde à vue 48 heures. Contents de leur pillage, les CRS s’étaient pris en photo dans une rue en la tenant en ricanant. (...)
Plus généralement, les policiers font du vol et de la destruction de banderoles leur sport favori. C’est un petit défi pour eux d’attaquer avec la plus grande violence possible les banderoles qui font la beauté des cortèges de tête. À Nantes, les policiers avaient même aménagé une salle du commissariat en « musée des manifestations », servant à entreposer des banderoles et autres outils dérobés dans les cortèges.
Quel est le genre de régime qui envoie des hommes armés pour voler des banderoles, c’est-à-dire des moyens d’expression ? Et qui valide et arme de tels commandos néofascistes, considérant les manifestations de gauche comme des bandes rivales à dépouiller ?