La guerre qui fait oppose les États-Unis et Israël à l’Iran, en cours depuis le 28 février, a comme principales victimes les civils. Selon une ONG, au moins 1 600 d’entre eux ont péri en Iran depuis le début des hostilités, dont des centaines d’enfants. Et ce bilan pourrait empirer avec la menace d’escalade du conflit.
Quelques heures avant la fin de son ultimatum, le président américain Donald Trump a menacé une nouvelle fois l’Iran, mardi 7 avril. « Une civilisation entière va mourir ce soir », a-t-il lancé, après avoir, la veille, dit que « le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit ».
Ces menaces laissent planer la crainte de très nombreuses pertes civiles et la destruction de nombreuses infrastructures civiles. Israël, de son côté, a frappé mardi des voies ferrées et des ponts en Iran. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a rappelé qu’« attaquer délibérément des civils et des infrastructures civiles est un crime de guerre », tout en dénonçant la « rhétorique incendiaire » entourant le conflit au Moyen-Orient.
Alors que les deux pays alliés clament viser le régime iranien, les civils sont les véritables perdants du conflit. Bien qu’il soit très difficile de rassembler des informations précises et à jour sur le nombre de tués en Iran, entre les frappes israélo-américaines et la répression du régime, l’ONG Hrana a pu compter plus de 1 600 morts civils dans des frappes, dont des centaines d’enfants, depuis le 28 février.
En cause : les cibles et l’ampleur des frappes (...)
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« Les premières alertes que j’ai reçues sont des appels de malades ayant subi une greffe rénale ou pulmonaire et qui n’avaient plus de médicaments pour empêcher le rejet de leur greffe. Pour un malade, cela signifie une mort progressive », alerte également le docteur Farhad Heshmati, président de l’Association pour la coopération médico-scientifique franco-iranienne.
Une collecte de dons pour apporter une aide médicale à l’Iran
Les autorités, elles, tentent de garder la face. « Les réserves stratégiques de médicaments sont en bon état », a ainsi déclaré Mohammad Reza Aref, premier vice-président iranien. « Il n’y a aucun problème pour assurer les services dans les pharmacies à travers le pays ni pour la production des usines pharmaceutiques et de matériel médical », a confirmé pour sa part Mehdi Pirsalehi, le directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire des médicaments.
Ce n’est pas ce que constate le docteur Farhad Heshmati, en contact avec des médecins, les présidents d’universités chargés des hôpitaux en Iran et le Croissant-Rouge iranien. (...)
Il y a environ une semaine, son association a lancé une campagne de collecte de dons permettant d’apporter une aide médicale à l’Iran : « On a récolté pour le moment environ 7 000 euros. C’est extrêmement peu pour l’achat de médicaments. Au vu des besoins, il faut que les laboratoires et les humanitaires aident. Et selon la réglementation en vigueur, ceux-ci doivent d’abord être autorisés par la cellule de crise du Quai d’Orsay », explique-t-il. Fahrad Heshmati assure que le comité d’organisation de l’aide est composé d’une trentaine de médecins français en contact avec les urgentistes iraniens (...)
Destruction des capacités de fabrication locale
Par ailleurs, depuis le début de la guerre, les attaques israélo-américaines ont visé plusieurs infrastructures iraniennes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) signale ainsi plus de 20 attaques contre des établissements de santé iraniens depuis début mars. Selon le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ces attaques ont entraîné « au moins neuf décès, dont celui d’un agent de santé spécialisé dans les maladies infectieuses et d’un membre du Croissant-Rouge iranien ».
Le 31 mars au matin, la société Tofigh Darou Engineering Research, spécialisée notamment dans la fabrication de médicaments pour les patients atteints de cancer, a été ciblée par des drones israéliens. Le 3 avril, l’institut Pasteur a également été endommagé par une attaque. (...)
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Mais pour les Iraniens, encore une fois, le régime et les assurances sont responsables de la situation. (...)
image : Fars Media Corporation, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons