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Marie-Claude Saliceti
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RFI
Guerre au Moyen-Orient : au Liban, tension autour de l’accueil de réfugiés chiites dans les régions à majorité chrétienne
#guerreAuMoyenOrient #Liban #refugies
Article mis en ligne le 31 mars 2026

Le Liban est le front le plus actif après l’Iran dans la guerre qui secoue le Moyen-Orient depuis le 28 février. Les bombardements et les ordres d’évacuation lancés par les Israéliens ont provoqué le déplacement d’un Libanais sur cinq, en majorité de confession chiite. Mais leur accueil reste contrasté : chaleureux dans certaines régions, plus tendu dans d’autres, notamment dans les régions à majorité chrétienne.

Au Liban, depuis le début de la guerre qui secoue le Moyen-Orient, près de 800 000 personnes sont inscrites sur les plateformes officielles. En réalité, le nombre réel de déplacés dépasserait 1,2 million. Parmi eux, environ 150 000 sont hébergés dans des centres d’accueil gérés par les autorités libanaises, les agences des Nations unies et des ONG.

Sur le terrain, l’arrivée de déplacés chiites ne fait pas l’unanimité. Dans les régions à majorité chrétienne, leur l’afflux chiites suscite des craintes et des suspicions qui finissent par se traduire par des tensions. Un climat qui s’explique en partie par le discours politique polarisant, déployé par les partis influents au sein de la communauté. L’amalgame entre le Hezbollah et la population chiite s’est rapidement installé, alimentant dans certaines zones des réticences à l’accueil des déplacés. (...)

La peur des frappes israéliennes

Les frappes ciblées effectuées par l’aviation israélienne dans des régions à majorité chrétienne contre de présumés membres des Gardiens de la révolution iraniens ou des responsables du Hezbollah ont amplifié le sentiment de peur chez les résidents.

Résultat : ceux-ci craignent de devenir des dommages collatéraux d’attaques israéliennes. Pour certains, refuser d’accueillir des déplacés apparaît comme une manière de se protéger dans tel scénario. (...)

Des appels à l’autoprotection

Dans certaines régions, plus précisément dans le fief maronite du Kesrouan, dans la partie centrale du pays, des appels à la formation de groupes d’autoprotection ont également été signalés. Une page Facebook appelée les « Gardiens du Kesrouan » incite les jeunes des villages à assumer leurs « responsabilités nationales et sociales ».

Ce groupe inconnu se propose d’aider la Croix-Rouge et la Défense civile dans leurs missions et d’être « l’œil vigilant de l’État ». Les municipalités de la région se sont très vite distanciées de cette initiative anonyme d’autoprotection qui ravive les souvenirs de la guerre civile. (...)

L’armée en alerte

Pour les autorités, l’exacerbation des tensions confessionnelles et, par conséquent, l’effondrement de la paix civile en temps de guerre sont un vrai cauchemar. L’armée libanaise prend très au sérieux ce scénario. (...)