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RFI
Giorgia Meloni, deux ans d’une politique migratoire italienne toujours plus dure
#migrants #immigration #Italie #Meloni #extremedroite #UE
Article mis en ligne le 27 octobre 2024
dernière modification le 23 octobre 2024

Deux ans après son arrivée au pouvoir, Giorgia Meloni, leader du parti post-fasciste Frattelli d’Italia, a imposé en Italie une politique migratoire extrêmement stricte. L’accord avec l’Albanie, dernière mesure en date, est la concrétisation d’un projet dénoncé par beaucoup comme dangereux pour les droits des ONG et des migrants mais est parfois érigé comme un modèle pour certains de ses partenaires européens

(...) l’Italie est devenue - pour certains - un exemple à suivre en matière de politique migratoire. Le leader travailliste anglais Keir Starmer ou la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, se sont effectivement montrés intéressés par la démarche italienne. « Avec la montée des extrêmes et populistes, Meloni a trouvé un contexte fertile en Europe pour pousser son agenda, même s’il est problématique du point de vue des principes fondamentaux de l’Union européenne. Elle a pu profiter du contexte électoral européen pour trouver des alliés », analyse pour RFI Sara Prestianni, directrice de plaidoyer migration à l’EuroMed Droits. (...)

La Première ministre italienne s’est aussi attaquée aux ONG qui opèrent en mer avec le décret Piantedosi. Signé en 2022, il oblige les navires des ONG à se rendre dans un port assigné par les autorités italiennes après chaque sauvetage. Ce décret a eu des conséquences dramatiques, selon les ONG. Rien qu’en 2023, Rome a procédé à 23 arrestations de navires de sauvetage. « Cela revient à 540 jours de paralysie pendant lesquels les navires des ONG n’ont pas pu secourir [de migrants] sur l’une des routes les plus meurtrières au monde », selon Médecins sans frontières (MSF). Selon un rapport de l’ONG SOS Humanity, qui dénonce régulièrement l’éloignement des ports désignés par l’État italien, les organisations humanitaires ont perdu l’équivalent de plus d’une année de temps en mer avec cette loi. (...)

« De façon générale, on peut résumer la politique de Meloni par la continuité de la logique d’externalisation, de la criminalisation de la solidarité et des migrants », relate Sara Prestianni. Récemment, l’exécutif italien a même réformé la vente de carte SIM pour empêcher les migrants en situation irrégulière de s’en procurer, les privant ainsi d’un outil de communication précieux pour contacter leur famille ou poursuivre leur route en Europe. (...)

Et comme ses homologues européens ou prédécesseurs, Giorgia Meloni a usé du levier diplomatique pour mettre en place une politique d’externalisation des frontières. Ainsi, c’est elle qui a signé en avril dernier un accord avec la Tunisie de Kaïs Saïed pour réduire les départs de migrants depuis les côtes tunisiennes. Un accord vivement critiqué depuis par les acteurs humanitaires, mais aussi le Parlement européen, à cause des mauvais traitements subis par les migrants en Tunisie, notamment depuis le discours haineux prononcé par le président en début d’année. (...)

« Une gestion court-termiste » (...)