Face à la hausse des actes antisémites, le gouvernement français soutient la proposition de loi surnommée « loi Yadan ». Examinée les 16 et 17 avril par le Parlement, elle vise à lutter contre les « nouvelles formes » de l’antisémitisme, en élargissant notamment le délit d’apologie du terrorisme. Mais une pétition contre ce projet de loi a rassemblé, en moins de dix jours, plus de 500 000 signatures au mardi 7 avril en fin de journée. C’est la plus forte mobilisation depuis celle contre la loi Duplomb.
« L’antisionisme est une forme moderne d’antisémitisme. Il faut pouvoir lutter contre et la sanctionner comme n’importe quel antisémitisme. C’est un délit en France, pas une opinion, puni d’un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. »
Des actes terroristes qui seraient qualifiés de « légitime résistance » tomberaient ainsi sous le coup de la loi. Un délit serait également créé pour tout appel à la destruction ou la négation d’un État – Israël, en l’occurrence. Pour la France insoumise, qui a fait de la défense de la cause palestinienne un de ses marqueurs politique, la loi Yadan est une loi bâillon. « Le but de la loi Yadan n’est pas de protéger les personnes juives, mais de protéger la politique israélienne et ses dirigeants », estime Gabrielle Cathala, députée LFI.
Opposés à ce texte, les socialistes et les Verts dénoncent, dans cette proposition de loi, un flou juridique et une essentialisation des juifs de France à l’État d’Israël. Ils s’opposent à une loi inefficace et même contre-productive qui ne fait qu’enflammer le débat, selon l’écologiste Benjamin Lucas : « Est-ce que c’est nécessaire que l’Assemblée nationale passe autant de temps sur un texte qui est liberticide, qui est dangereux et qui fracture en réalité ? »
Le Rassemblement national, de son côté, regrette le timing de cette loi, au vu du contexte géopolitique actuel. Le parti d’extrême droite ne s’est pas encore prononcé pour ou contre l’examen de ce texte, prévu les 16 et 17 avril.
Une mobilisation massive, semblable à celle contre la loi Duplomb (...)
Cette mobilisation semble peser sur le rapport de force politique. En janvier, le texte avait été adopté de justesse en commission, grâce aux voix du bloc central et de l’extrême droite. Les socialistes, qui s’étaient alors abstenus, ont annoncé mardi qu’ils voteraient contre en séance, ce qui pourrait renverser l’équilibre. Le MoDem a exprimé dans la foulée ses réserves, plaidant pour son retrait au moins temporaire de l’ordre du jour. (...)