Les femmes qui vivent seules, sans mari, dans les camps de migrants du nord de la France sont particulièrement vulnérables. Elles s’exposent notamment à des risques de viols et de prostitution forcée. A travers des maraudes, les associations tentent de les repérer dans les campements et de les mettre en sécurité.
Mariam débite les histoires de ces exilées comme si elle ne voulait rien oublier. Parfois, lorsque les récits sont trop durs, ses yeux se remplissent de larmes. "Quand elles arrivent, les femmes sont rapidement repérées par des passeurs, qui prétendent être leur mari et qui abusent d’elles. Certaines m’ont raconté qu’elles étaient violées tous les soirs dans leur tente, parfois par plusieurs hommes". D’autres sont embrigadées dans des réseaux de traite et forcées de se prostituer pour payer le passage vers l’Angleterre.
"C’est très dur d’être une femme seule ici" (...)
Les humanitaires affirment recevoir plus de femmes que les années précédentes dans le centre d’accueil de Calais. "Elles n’ont que l’Angleterre en tête, par n’importe quel moyen. Elles sont prêtes à prendre tous les risques", constate Christine, une bénévole septuagénaire, au Secours catholique depuis trois ans. "C’est aussi pour cela qu’elles ne veulent pas trop parler, elles sont concentrées sur leur objectif (...) final et craignent que raconter leur histoire les mettent en danger", renchérit Mariam.