
Alors qu’il tente, jeudi 27 février, un exercice de haute voltige diplomatique face à Donald Trump, à qui il veut demander des garanties de sécurité pour une paix durable en Ukraine, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a appelé à ne pas avoir une paix en Ukraine qui "récompense l’agresseur".
Le chef de gouvernement britannique, ancien avocat spécialisé dans les droits humains, a été accueilli à la Maison Blanche par le président américain, alors que Donald Trump a fait du président russe, Vladimir Poutine, son interlocuteur privilégié.
"Je veux une paix durable et je ne crois pas que cela soit possible s’il n’y a pas un mécanisme de dissuasion efficace face à Poutine. Le Royaume-Uni jouera son rôle avec d’autres, mais nous avons besoin d’un filet de sécurité américain", avait dit mercredi le dirigeant travailliste à des journalistes, dans l’avion l’amenant à Washington alors qu’une conférence de presse conjointe est prévue à la Maison Blanche.
Le président américain Donald Trump a affirmé jeudi qu’une trêve entre la Russie et l’Ukraine devait être trouvée "bientôt", sous peine de ne jamais advenir. (...)
À Istanbul, des pourparlers ont débuté jeudi matin entre Russes et Américains, en plein rapprochement entre Moscou et Washington.
De premières discussions russo-américaines depuis le début du conflit en Ukraine sont intervenues ce mois-ci à Riyad quelques jours après un appel entre le président russe Vladimir Poutine et Donald Trump, qui a brisé la politique d’isolement menée par Washington et les Occidentaux depuis trois ans.
Parallèlement, à Bruxelles, le président du Conseil européen, Antonio Costa, a annoncé que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, était invité au sommet spécial de l’UE sur la défense, le 6 mars. (...)
"L’Otan, on peut oublier ça", a déclaré le président américain mercredi, écartant une perspective d’entrée dans l’alliance réclamée de longue date par l’Ukraine, et qui serait synonyme de riposte automatique des États-Unis en cas de nouvelle agression russe.
Quant aux garanties militaires à long terme, "nous allons demander à l’Europe de le faire", a lancé Donald Trump, concédant simplement que Washington allait "s’assurer que tout se passe bien".
Il a signalé son soutien à l’envoi de troupes européennes de maintien de la paix une fois les hostilités finies, une proposition faite par Londres et Paris.
Zelensky à Washington
Bien conscients que les États-Unis ne déploieront pas de soldats en Ukraine, de peur de déclencher une escalade potentiellement nucléaire avec la Russie, la France et le Royaume-Uni voudraient que Washington apporte à leurs troupes un soutien sous forme de renseignement ou d’appui aérien par exemple.
Un haut responsable de l’administration Trump a souligné jeudi, pendant un échange avec la presse, que le type de déploiement militaire en Ukraine "dépendait d’abord d’un accord politique pour mettre fin au conflit".
Lundi, le président français était venu à Washington avec un message assez semblable à celui de Keir Starmer, pour avertir que Vladimir Poutine ne s’en tiendrait pas à un accord de paix en Ukraine sans un solide système de supervision et de sécurité, soutenu d’une manière ou d’une autre par les États-Unis.
Reparti sans promesse ferme, Emmanuel Macron s’était ensuite entretenu avec Keir Starmer. Ce dernier va de son côté recevoir plusieurs chefs d’État de pays "alliés" ce week-end, dont Volodymyr Zelensky, pour des discussions sur l’Ukraine.
Jeudi, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé que la France allait proposer aux États européens de constituer des "stocks d’armes" sur leur territoire qui pourront être cédés à l’Ukraine, si nécessaire, pour dissuader Moscou contre une reprise du conflit.
Donald Trump juge de son côté que les États-Unis en ont déjà fait bien assez pour l’Ukraine, et il a critiqué avec virulence le président ukrainien, en le qualifiant de "dictateur".
Cela n’empêchera pas le milliardaire américain, qui a engagé un spectaculaire rapprochement avec le Kremlin, de recevoir Volodymyr Zelensky vendredi à Washington.
Les deux dirigeants doivent signer un accord d’accès aux minerais ukrainiens, présentés par Donald Trump comme une compensation des dépenses engagées par les États-Unis pour soutenir Kiev.