Quatre colons et trois de leurs organisations seront visés par des sanctions de l’Union européenne. Celle-ci n’a pas mis sur la table la révision de son accord d’association avec Israël. Mais un document non-officiel consulté par l’Agence Média Palestine montre que la France souhaite aller plus loin pour sanctionner la politique coloniale israélienne. (...)
les « colons violents » sont activement encouragés et armés par le gouvernement colonial israélien et protégés par l’armée d’occupation israélienne. Or, aucun membre du gouvernement de Netanyahou ne fait l’objet de la moindre sanction européenne ou française, pas même les ministres Bezalel Smotrich ou Itamar Ben Gvir, réputés comme étant les plus extrémistes ; et les produits des colonies sont en vente libre en Europe.
Un « non-papier » montre que la France veut bien agir mais discrètement et pas seule
Les États membres de l’UE sont divisés sur la question israélienne. La pression est cependant remontée d’un cran récemment sur les plus pro-Israéliens des membres de l’UE après le massacre de Beyrouth le 8 avril, l’adoption de la loi israélienne sur la peine de mort pour les Palestiniens et l’intensification de la violence coloniale en Cisjordanie occupée. (...)
Dans ce document que l’Agence Média Palestine a pu consulter, la France et la Suède estiment que l’UE « doit accroître d’urgence la pression sur Israël pour qu’il mette fin à sa politique et à ses pratiques de colonisation » et devrait prendre des « mesures plus fermes pour limiter les échanges commerciaux avec les colonies illégales ». (...)
La France et la Suède vont ensuite encore plus loin en appelant à l’interdiction pure et simple des produits des colonies : (...)
Cette déclaration marque une avancée remarquable de la position de la France, jusqu’ici très frileuse sur l’imposition de telles sanctions. (...)
Dans cette mesure, la France pourrait décider de suivre l’exemple d’autres pays (notamment l’Espagne, l’Irlande, la Belgique…) qui ont pris ou s’apprêtent à prendre des mesures unilatérales nationales à l’encontre d’Israël, mais la diplomatie française a toujours insisté pour agir dans le cadre européen, et à cette heure, rien n’indique qu’il en sera autrement.
Pour rappel, une proposition de loi pour l’interdiction des produits des colonies a été déposée le 14 octobre 2025 par le député Aymeric Caron mais faute d’avoir été présentée au vote par la France insoumise à l’Assemblée nationale, elle reste à ce jour lettre morte.
L’Allemagne continue de bloquer (...)
Se venger sur les Palestiniens, toujours…
Malgré leur timidité, les annonces européennes du 11 mai ont suscité l’ire du gouvernement israélien. (...)
Un basculement politique en Europe ?
L’accord d’association UE-Israël, en vigueur depuis 2000, structure les relations commerciales, politiques et scientifiques entre Bruxelles et Tel-Aviv. Son article 2 prévoit explicitement que la coopération repose sur le respect des droits humains et des principes démocratiques. Or, depuis des mois, ONG, juristes, responsables politiques et une partie croissante des opinions publiques européennes estiment que cette clause est devenue intenable au regard du génocide à Gaza, de la situation humanitaire et de l’intensification de la colonisation.
Ces dernières semaines, la pression s’est amplifiée. Une pétition pour la suspension de l’accord a réuni près de 1,2 million de signatures. (...)
Quelque chose a-t-il déjà changé en Europe ? Il y a un an, évoquer des sanctions européennes contre Israël relevait presque du tabou diplomatique. Désormais, le débat est public, institutionnel et assumé. Des résolutions parlementaires sont déposées, des pétitions rassemblent des centaines de milliers de signatures, et des gouvernements européens évoquent ouvertement des mesures coercitives. La question n’est donc plus seulement : « l’UE sanctionnera-t-elle Israël ? », mais plutôt : « jusqu’à quand l’UE pourra-t-elle éviter de le faire ? » (...)