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Espagne : deux ans après une réforme du travail pour les migrants, un bilan en demi-teinte
#migrants #immigration #Espagne #travail
Article mis en ligne le 25 août 2024

À l’été 2022, l’Espagne adoptait une nouvelle loi permettant à des milliers de migrants d’intégrer le marché du travail. Deux ans plus tard, cette réforme a-t-elle eu les résultats escomptés ? Éléments de réponse.

L’heure est au bilan. Il y a deux ans, le gouvernement espagnol publiait une nouvelle loi facilitant l’accès au marché du travail, et donc à la régularisation, de milliers de migrants. Ainsi, depuis août 2022, les personnes en situation irrégulière mais qui peuvent justifier d’un séjour dans le pays d’au moins deux ans peuvent obtenir un titre de séjour de 12 mois, à une condition : effectuer une formation dans les secteurs qui manquent de main-d’œuvre. À savoir, le tourisme, les transports, l’agriculture et la construction.

À l’époque, l’annonce de cette réforme avait suscité les espoirs de milliers de sans-papiers installés sur le territoire. Car avant la promulgation de la mesure, la loi espagnole exigeait, entre autres, une présence dans le pays de trois ans minimum, et la présentation d’un contrat de travail d’un an de 40 heures par semaine.

Deux ans plus tard pourtant, les résultats sont mitigés : pour l’agence de presse EFE, la réforme "n’a pas pleinement répondu aux attentes". (...)

"La loi a servi à régulariser la situation de nombreuses personnes, mais à très court terme, a réagi Ahmed Khalifa, président de l’association marocaine pour l’intégration des migrants en Espagne. Et la suite du processus a conduit à des irrégularités, car beaucoup de personnes ne pouvaient pas satisfaire les conditions demandées". Le porte-parole de l’ONG Étrangers en Rouge, Paco Solans, reconnaît lui aussi que l’annonce de la réforme "a d’abord suscité beaucoup d’enthousiasme", mais que sa mise en œuvre a été "assez chaotique" de la part des services d’immigration.

Plutôt que d’obtenir des papiers par le travail, la majorité des migrants optent donc, après trois ans sur le territoire et une formation en poche, pour une régularisation pour raisons familiales.

Afin que la réforme puisse toucher un plus grand nombre de personnes, il faut désormais "unifier les critères demandés dans tous les bureaux d’immigration en Espagne" et "permettre aux exilés de travailler tout en suivant la formation", a déclaré à EFE Jorge Marín, de la Confédération espagnole des organisations professionnelles (CEOE).

Le travail informel, "la seule solution" (...)

Une fois un titre de séjour obtenu, l’accès au marché du travail est néanmoins plus aisé sur le territoire espagnol qu’ailleurs en Europe. (...)

La majorité de ces travailleurs récemment arrivés en Espagne sont originaires d’Amérique du Sud, d’Afrique subsaharienne, du Maroc et d’Algérie.