Au sortir des élections municipales françaises (le second tour a eu lieu le 22 mars), qui ont vu notamment l’élection d’Aly Diouara à La Courneuve et de Bally Bagayoko à Saint-Denis – victime dans la foulée d’une charge raciste dans de nombreux médias mainstream –, quelle est la place pour les élu·es racisé·es dans le département français de la Seine-Saint-Denis ? Quels sont leurs parcours et les motifs de leur engagement ? Quelles sont les difficultés auxquelles ils et elles se confrontent ? L’ouvrage Élus des banlieues populaires (éditions PUF) tente de répondre à ces questions dans un département emblématique (environ 60 % de la population est immigrée ou issue de l’immigration), la Seine-Saint-Denis (le 9-3), en banlieue parisienne, plus souvent montré du doigt pour ses émeutes de banlieue que pour ses réussites...
Basé une longue enquête réalisée entre 2001 et 2024, l’ouvrage relève plusieurs évolutions dans ce département : l’éviction des classes populaires avec la baisse du nombre de mairies communistes (les ouvrier·ères et les employé·es représentent plus de 30 % de la population, mais sont respectivement seulement 1 % et 10 % dans les conseils municipaux), la hausse progressive mais continue, surtout depuis 2008, du nombre de candidat·es racisé·es, et un plafond de verre persistant concernant la représentation des femmes aux fonctions de maire et dans les délégations de pouvoir.
De ce point de vue, les dernières élections ont vu une augmentation significative du nombre de maires racisé·es (13 sur 39, soit près de deux fois plus qu’en 2020) mais toujours une sous-représentation des femmes.
Afin de faire le point sur ces tendances, nous avons reçu dans l’émission « Horizons XXI » du 24 mars, sur le média indépendant Au Poste, l’une des autrices de Élus des banlieues populaires, la chercheuse Marie-Hélène Bacqué, et Nadia Chahboune, élue n° 2 sur la liste d’Aly Diouara, à La Courneuve.