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En Espagne, l’extrême droite exploite la catastrophe d’Adamuz pour taper sur le gouvernement
#Espagne #catastropheferroviaire #extremedroite
Article mis en ligne le 30 janvier 2026
dernière modification le 27 janvier 2026

Dès le lendemain de la catastrophe ferroviaire d’Adamuz qui a fait 45 morts, le parti d’extrême droite Vox a ciblé le gouvernement, accusé d’avoir laissé tomber le réseau ferré en déliquescence.

Vox s’en est démarqué dès le début pour verser de l’huile sur le feu, quitte à dynamiter la confiance des Espagnols en un système ferroviaire pourtant internationalement reconnu. (...)

Le bilan au 22 janvier faisait état de 45 morts, 23 personnes encore à l’hôpital, dont 5 en unité de soins intensifs. Les autorités estiment que tous les corps ont désormais été identifiés. La localisation et l’identification des victimes décédées ont toutefois été longues et complexes. Pour leurs proches, l’incertitude et l’attente ont été émotionnellement très difficiles.
Un accident sur une section récemment rénovée

La catastrophe a laissé le pays sous le choc. Et laisse de nombreuses questions sur ses causes. L’accident a eu lieu dans une ligne droite, sur une section qui avait fini d’être rénovée en mai 2025 et passé avec succès une batterie de tests ces derniers mois.

Pour le moment, un segment rompu de 40 centimètres du rail extérieur de la voie sur lequel circulait le train Iryo est la piste privilégiée pour expliquer le déraillement, selon les premiers éléments de l’enquête.

Depuis plus d’un an, des incidents à répétition sur le réseau espagnol et une série d’alertes avaient toutefois ouvert un débat sur le financement et la capacité d’un réseau qui accueille de plus en plus de trains. Deux nouveaux accidents de train ont eu lieu en Espagne depuis celui d’Adamuz, faisant respectivement un mort et cinq blessés graves en Catalogne, et des blessés légers à Carthagène. (...)

« Ce n’est pas un manque d’investissement, mais un autre problème, probablement jamais vu et bien plus complexe », a assuré le ministre des Transports, Oscar Puente mercredi, appelant à ne pas tirer de conclusions hâtives sur une enquête en cours dans un domaine très technique, avec un message clé : le réseau espagnol est sûr.

Mais à l’extrême droite, personne ne s’embarrasse de telles précautions. (...)

Des critiques amplifiées sur les réseaux sociaux

Au-delà de la politique institutionnelle, les messages mal contextualisés, voire trompeurs ou manipulés ont envahi les réseaux sociaux. Ils dépeignent un réseau ferroviaire en déliquescence et émanent souvent des cercles habituels de la fachosphère espagnole. Au risque de plomber la confiance du pays dans le train, moyen de transport qui gagne actuellement en attractivité face à l’avion et à la voiture selon des chiffres récents de Renfe.

Ces messages ont fait leur chemin dans un contexte où les nerfs sont à vif. (...)

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