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Marie-Claude Saliceti
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France24
En Cisjordanie occupée, des bédouins harcelés depuis des avant-postes de colons illégaux
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu
Article mis en ligne le 28 février 2026

La mort d’un jeune Palestinien-Américain le 18 février à Mukhamas, en Cisjordanie occupée, s’inscrit dans un cycle de violences continue autour de ce village palestinien, entouré de plusieurs avant-postes de colons israéliens. Considérés illégaux par les autorités israéliennes, l’un d’entre eux est régulièrement détruit mais systématiquement reconstruit par les colons.

C’est l’un des nombreux villages en Cisjordanie visés par des attaques de colons. Mukhamas, situé au nord-est de Jérusalem, entouré de petits regroupements de bédouins, a été le théâtre d’énièmes violences le 18 février : Nasrallah Mohammed Jamal Abu Siam, un Palestinien-Américain de 19 ans, a été tué par un colon.

Autour du village, on compte cinq avant-postes de colons israéliens, tous jugés illégaux par les autorités israéliennes. (...)

Selon le média israélien Haaretz, l’avant-poste a été évacué au moins neuf fois depuis sa création, mais les colons reviennent sans cesse, parfois en moins d’une heure.

Des familles palestiniennes prises pour cible

Plusieurs familles bédouines vivent isolées, en marge du village principal de Mukhamas, ce qui les rend particulièrement vulnérables. . (...)

Une nuit, une vingtaine de colons nous ont attaqués. Ils ont commencé à briser les fenêtres et les portes. Ils ont forcé l’entrée et ont jeté du gaz lacrymogène. Ils s’en sont pris à ma famille à l’intérieur avec des bâtons. Notre maison a été brûlée, les barils d’eau ont été brisés, tout a disparu.

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Ici, les agressions des colons ne s’arrêtent jamais, c’est presque toutes les deux heures. Ils ont volé tout notre bétail, les moutons qui étaient notre gagne-pain, ce qui nous permettait de vivre. Ils ont tout pris, ils ne nous ont rien laissé.

Lors d’une attaque au mois d’octobre, huit maisons ont été brûlées. Ils m’ont volé 25 moutons. Chaque mouton vaut environ 3 000 shekels [environ 750 euros, NDLR].

Personne ne nous regarde, ni le gouvernement israélien, ni notre propre gouvernement. Personne ne nous demande comment nous allons.

"Les soldats m’ont dit : ‘On ne te protégera pas’"

Après les violences et l’incendie de sa maison, Abdel raconte que l’armée israélienne est intervenue, mais selon lui pas pour sécuriser les lieux.

(...)

Pour les habitants et les activistes interrogés, la déclaration de “zone militaire fermée” aurait ainsi pour effet d’éloigner les soutiens extérieurs et d’empêcher la reconstruction des maisons détruites, tout en laissant, selon eux, les colons continuer leurs activités dans la même zone. Il n’est pas possible de vérifier la mise en place de ce statut de façon indépendante, l’armée ne communiquant pas dessus.

Contactée par la rédaction des Observateurs, l’armée israélienne n’a pas répondu à nos questions.
(...)

Publié le 19 février, un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme alerte sur ce qu’il décrit comme “le nettoyage ethnique perpétré par les autorités israéliennes à Gaza et en Cisjordanie”.

Dans les territoires occupés, y compris à Jérusalem-Est, le document détaille le recours systématique et illégal à la force par les forces de sécurité israéliennes, les détentions arbitraires, la torture et autres mauvais traitements infligés aux Palestiniens détenus, ainsi que les démolitions massives et illégales de maisons.

Selon l’OCHA, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, entre le 7 octobre 2023 et le 16 février 2026, 1 055 Palestiniens, dont au moins 230 enfants, ont été tués en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est.