Les enquêteurs lettons ont retrouvé 16 personnes dans un véhicule, ainsi que 11 autres enfermées dans le sous-sol d’un bâtiment abandonné, près de la frontière avec la Biélorussie. Trois hommes soupçonnés d’être des passeurs ont été interpellés. Depuis 2021, Minsk est accusé d’être à l’origine d’un afflux de migrants aux frontières orientales de l’Union européenne pour déstabiliser le Vieux continent.
(...) Cette affaire a mené les enquêteurs sur la piste d’une ferme, dans la région de Kalupe, dans l’Est de la Lettonie. Lors de la perquisition, les agents ont retrouvé 11 exilés, originaires du Pakistan et du Bangladesh, retenus dans le sous-sol du bâtiment. "La maison était quasi abandonnée. On aurait pu ne jamais trouver ces personnes", a affirmé Maris Pukinskis.
Deux citoyens lettons ont par ailleurs été arrêtés dans cette opération, et placés en garde à vue.
La Pologne, la Lituanie et l’Estonie se barricadent
Depuis 2021, la Pologne, la Lituanie et l’Estonie accusent Moscou d’être à l’origine d’un afflux de migrants aux frontières orientales de l’Union européenne (UE) pour déstabiliser le Vieux continent.
Suite à l’élection frauduleuse d’Alexandre Loukachenko à la tête de la Biélorussie, l’UE avait pris une série de sanctions cette année-là. En guise de représailles, Minsk aurait volontairement encouragé l’arrivée d’exilés du Moyen-Orient puis facilité leurs traversées des frontières pour entrer dans l’UE, estiment les autorités européennes. (...)
En réponse, la Lettonie a augmenté ses forces de sécurité dans la région, et a achevé fin 2023 la construction d’un mur de barbelés à sa frontière avec la Biélorussie. La Lituanie, a fait de même. Ce mur, de quatre mètres de hauteur et d’environ 550 kilomètres de long, a été achevé fin 2022.
Depuis d’autres mesures ont été prises dans le pays voisin, la Lituanie, pour tenter d’empêcher les arrivées de migrants. En avril 2023, les autorités y ont notamment approuvé une nouvelle loi permettant à des citoyens "volontaires" de patrouiller le long de la frontière avec la Biélorussie. Ces bénévoles peuvent faire usage de la force pour repousser les exilés dans le pays voisin. (...)
À l’instar des deux premiers pays frontaliers de la Biélorussie, la Pologne aussi s’est barricadée. Fin juin 2022, Varsovie a, également, inauguré un mur à sa frontière biélorusse.
Et la dernière mesure pour lutter contre les arrivées irrégulières a fait bondir les défenseurs des droits. Les députés polonais ont approuvé, le 12 juillet dernier, une nouvelle loi qui autorise les agents en poste à la frontière biélorusse à tirer à balles réelles sur des exilés, en situation "de légitime défense" ou de "manière préventive".
D’après un rapport d’associations lettones, lituaniennes, polonaises et biélorusses, plus de 150 000 migrants ont été refoulés sur la frontière Est de l’Europe depuis 2021. Les humanitaires déplorent par ailleurs au moins 116 morts en trois ans le long de cette frontière.