Cette espèce clef des écosystèmes, endémique, unanimement reconnue comme menacée depuis des années, est abattue sans relâche par un gouvernement sourd à la mise en garde scientifique et aveugle à tout sauf ses intérêts propres. La moitié de la population de ce bouc-émissaire massacrée, la production agricole chute de 70 %, mais qu’à cela ne tienne, point de retenue, on persévère.
Toutes les études scientifiques actuelles sans exception qualifient l’espèce de fortement menacée et l’UICN l’a classée comme tel de manière continue depuis les années 1980 ! Mais la liste ne s’arrête pas là… Le gouvernement de l’île Maurice, en la personne de Kevin Ruhomaun, est co-auteur de la dernière évaluation UICN qui a conclut que l’espèce est plus en danger que jamais ! Par ailleurs, le Ministre Mahen Kumar Seeruttun en personne a mentionné dans une interview la nécessité d’un programme de conservation.
Environnement : ce qu’il faut savoir sur la chauve-souris de Maurice
https://www.lexpress.mu/node/347458
Abattage de chauves-souris : la presse française accuse Maurice de tuer ses dernières roussettes
https://www.lexpress.mu/node/347194
Les défenseurs de l’environnement, les spécialistes internationaux de l’écologie tropicale et de la chauve-souris ne cessent de rappeler les bienfaits de ce grand mammifère volant en faveur de la biodiversité. Notre Pteropus niger endémique, c’est-à-dire la seule espèce de chauve-souris frugivore qui nous reste (deux autres ont disparu), joue un rôle unique dans la dispersion des graines d’arbres, y compris les plus grosses, sur des aires particulièrement étendues, en raison de ses nombreux déplacements sur de longues distances. « La roussette, nous précise Vincent Florens, est capable de disséminer les graines d’un arbre indigène sur deux (53% pour être exact) assurant ainsi la régénération et donc le maintien de nos forêts, et de leur biodiversité unique. L’abattage porte donc atteinte non seulement à une espèce de chauve-souris en danger d’extinction, mais aussi à une multitude d’espèces ainsi qu’aux services écosystémiques qu’apportent nos forêts, par exemple dans la protection des réserves en eau. » (...)