Au nom de la sécurité routière, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve envisage d’abattre les platanes et peupliers plantés le long de nos routes. Une attaque contre nos paysages.
Quand les arbres menacent les voitures.
Parmi les mesures (alcoolémie, téléphones portables, limitations de vitesse…) décidées par le gouvernement pour tenter d’améliorer la sécurité routière, une annonce a peu suscité l’intérêt des médias. Elle risque pourtant de remettre en cause le paysage français. Instructions vont en effet être données aux préfets de dresser rapidement une liste exhaustive des arbres d’alignement « situés trop près des routes ». Explications : les voitures sortant de leur trajectoire se heurtent trop souvent à ces arbres, accroissant paraît-il le nombre des morts et des blessés ; car il est bien connu que la plupart des véhicules sont largement moins solides que les platanes ou les peupliers. Pourtant, le ministère de l’Intérieur ne fournit aucun chiffre à l’appui de sa décision. Sans doute parce que sur les bords des routes existent des milliers d’autres obstacles sur lesquels une voiture peut s’écraser.
Cela fait des années que des élus locaux ou régionaux militent contre les arbres qui ombragent les routes, soit des ex-nationales, soit des voies secondaires.
Des arbres d’alignement dont la présence remonte au XIXe siècle ou aux années 1930, bien que de nombreuses plantations aient été effectuées après la dernière guerre. C’est dans le sud de la France et dans la région Centre, notamment dans le Loiret, que des présidents de conseil général sont en pointe dans la lutte contre les arbres, profitant de l’émotion liée à un accident ou de la réfection d’une route, pour couper tous ces intrus en dépit des protestations des associations. Ils transforment ainsi des voies agréables en déserts propices à la vitesse. (...)