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Comme à Calais, le port de Dunkerque repousse les exilés à coups de barbelés
#migrants #Manche #immigration
Article mis en ligne le 29 avril 2024
dernière modification le 27 avril 2024

Dans le nord de la France, les autorités poursuivent leur politique visant à éviter les points de fixation de campements d’exilés. À Loon-Plage, près de Dunkerque, aux habituels déboisements et labourages de terrain s’ajoutent désormais l’installation de clôtures barbelées autour du port et la fermeture de leur principal lieu de distribution alimentaire.

"Cette route est dangereuse. Les voitures et les camions vont très vite", observe un Afghan, arrivé il y a un mois. Lui continue d’utiliser la voie ferrée en dépit de sa peur de "l’électricité", pour effectuer cet aller-retour redouté mais nécessaire : le principal lieu de distribution des associations, situé près de son camp, a été condamné le 22 avril. Dix-huit blocs en béton ont été déposés ce jour-là devant le jeune Afghan et d’autres migrants, médusés, à l’aide d’un engin de chantier encadré par des policiers.

Cette stratégie n’est pas nouvelle à Loon-Plage. Voilà plus de deux ans que les migrants, comme les membres associatifs, voient leurs lieux de vie et de distribution régulièrement évacués, avant d’être rendus impraticables par la pose de barrières, le labourage ou le déboisement des sols. (...)

"Écologiquement, c’est un désastre. L’illustration d’une politique de non-accueil qui ne se cache plus pour agir", déplore Yasmine, membre de l’association Human Rights Observers (HRO).
"Ces grilles entravent la circulation des personnes et l’action des associations"

Depuis l’hiver, ces mesures de dissuasion se durcissent : des grillages barbelés sont installés le long de voies ferrées, d’entreprises et de terrains inoccupés, repoussant toujours plus loin les exilés. La route du Port-Fluvial, prisée des populations des camps et bordée de sociétés privées, a aussi été définitivement fermée par le GPMD le 11 avril. (...)

"Le port de Dunkerque semble agir pour protéger ses entreprises, plutôt que les êtres humains. C’est déshumanisant et très violent" constate Célestin, un coordinateur de l’association Utopia 56, qui rêverait de voir "cet argent investi dans un véritable lieu d’accueil pour les exilés". (...)

"Certains d’entre eux ont failli mourir en traversant la Méditerranée, ce n’est pas une grille qui va les stopper", ajoutent Guillaume Grisolet et Olivier Lefebvre, responsables d’une fédération locale CGT de cheminots, qui défend depuis 2021 une "limitation de la vitesse des trains à 30 km/h" sur certaines portions ferroviaires plutôt que leur clôture. "Ils continuent d’emprunter les voies ferrées pour aller au plus court et fuir la boue lorsqu’il pleut, en coupant une grille ou en rejoignant un passage à niveau. Mais une fois à l’intérieur, c’est un couloir de la mort, avec une faible possibilité de dégagement en cas de circulation d’un train", alertent-ils. (...)