Près de deux ans après son arrestation à Zémio, dans le sud-est de la Centrafrique, le chercheur et humanitaire belgo-portugais Joseph Figueira a été libéré. Celui qui fut arrêté pour « atteinte à la sûreté de l’État » a quitté Bangui mardi 7 avril.
C’est la fin de presque deux années d’enfer pour Joseph Figueira. Arrêté fin mai 2024 par des hommes de Wagner à Zémio, où il était en mission pour l’ONG américaine FHI 360, il avait été condamné en novembre 2025 à dix ans de travaux forcés, notamment pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Il avait toujours rejeté les accusations de collusion avec des groupes rebelles. Sa défense avait dénoncé un procès « bâclé » et « inéquitable ».
Son arrestation avait été accompagnée d’une campagne de communication des réseaux russes en Centrafrique, le présentant comme un espion américain en lien avec des groupes rebelles, dont la LRA ou l’UPC.
C’est en toute discrétion, mardi 7 avril, qu’il a quitté la cellule du camp de Roux où il était détenu depuis plus de 22 mois. Chercheur et humanitaire expérimenté, spécialiste du monde peul et des transhumances, Joseph Figueira a embarqué à bord d’un avion militaire pour rejoindre Lisbonne, où il a retrouvé sa famille. Sa libération a été annoncée par le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel, lors d’une audition parlementaire mardi après-midi.
Des démarches diplomatiques intensifiées
Cette libération intervient la semaine suivant le début effectif du troisième mandat du président Faustin-Archange Touadéra. Plusieurs sources y voient un geste à destination de l’Union européenne, principal bailleur du pays. Elle avait été demandée à deux reprises par des résolutions du Parlement européen. Cette libération fait suite à une intensification des démarches diplomatiques du Portugal, pays très impliqué en Centrafrique, avec notamment plus de 200 militaires déployés au sein de la mission de l’ONU, la Minusca. (...)