
Le président américain veut imposer des conditions impossibles à l’Ukraine.
La nouvelle version de l’accord que Washington négocie avec Kiev présente des clauses encore plus coercitives que celles présentées par Scott Bessent le 12 février — sans aucune garantie de sécurité pour l’Ukraine.
À la veille du troisième anniversaire du déclenchement de l’invasion par la Russie, le président Zelensky se trouve au pied du mur et semble sur le point de céder à ce traité inégal.
Le New York Times a eu accès à une version actualisée de l’accord qui est en cours de négociation entre l’Ukraine et les États-Unis depuis le 12 février.
Selon cette nouvelle version datée du 21 février, « encore plus dure que la précédente »
- l’Ukraine devrait céder la moitié de ses revenus issus de ses ressources naturelles (minéraux, gaz, pétrole, ports et infrastructures).
- L’accord propose de compter les revenus provenant des territoires actuellement occupés par la Russie, en précisant que 66 % seraient destinés au fonds en cas de libération.
- Il semblerait en revanche que la clause plaçant l’accord sous la juridiction d’un tribunal de New York a été retirée.
Cette capitulation prive le pays de la plupart des fonds investis actuellement dans son secteur militaire et de défense, en empêchant de facto son réarmement, et ne précise pas quelle somme pourrait être mobilisée pour sa reconstruction.
- Les revenus seraient versés dans un fonds contrôlé à 100 % par les États-Unis, auquel l’Ukraine devrait contribuer jusqu’à atteindre 500 milliards de dollars — une somme équivalente à plus du double de son PIB d’avant-guerre qui dépasse les réparations imposées à l’Allemagne après la Première Guerre mondiale.
- La logique générale de cet accord repose sur un remboursement — un paiement en fonction de ce que les États-Unis ont déjà apporté —, plutôt que sur un engagement pour l’avenir. (...)
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La valeur réelle des ressources et minerais critiques que contient le sol ukrainien pourrait par ailleurs être surévaluée, les dernières évaluations géologiques d’ampleur ayant été réalisées sous l’Union soviétique, ce qui serait susceptible de menacer la viabilité d’un potentiel accord signé entre l’Ukraine et les États-Unis. (...)
Pour forcer Kiev à signer ce traité inégal, l’administration Trump est en train de pousser son effort de coercition jusqu’à menacer d’interrompre l’accès aux satellites d’Elon Musk en Ukraine, ce qui pourrait définitivement changer le rapport de force sur le front, alors que l’armée russe continue d’avancer. (...)
l’article 92 de la Constitution empêche le président Zelensky de s’engager sur les ressources de l’Ukraine, seul le Parlement étant habilité à le faire (...)
- Selon un sondage réalisé hier(21 février) une majorité écrasante d’Ukrainiens (83 %) estime qu’un armistice ne pourrait être accepté par l’Ukraine qu’en présence de garanties de sécurité solides et 91 % des Ukrainiens s’opposent à des négociations entre les États-Unis et la Russie sur l’Ukraine sans la présence de cette dernière, tandis que 64 % se montrent favorables à des pourparlers directs avec la Russie.
- Par ailleurs, 81 % des personnes interrogées estiment que la meilleure voie vers la paix passe par l’obtention d’un compromis via des négociations impliquant des pays tiers. D’autre part, seuls 1 % des sondés pensent que l’Ukraine doit accepter toutes les conditions russes, et 11 % d’entre eux considèrent qu’elle devrait rejeter toute négociation et se battre pour rétablir les frontières de 1991.
Selon une hypothèse qui circule dans les milieux de la défense : l’administration Trump serait en train d’imposer des conditions impossibles à accepter pour forcer le président à la démission, afin d’organiser de nouvelles élections et imposer un changement de régime.