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France24
Ce que l’on sait de la mort d’El Hacen Diarra, après son interpellation violente à Paris
#HacenDiarra #violencespolicieres
Article mis en ligne le 22 janvier 2026

La famille d’El Hacen Diarra, Mauritanien de 35 ans mort d’un arrêt cardiaque pendant sa garde à vue après avoir été violemment interpellé par des policiers pour possession présumée de cannabis, réclame mardi l’arrestation des "policiers impliqués", évoquant des résultats d’autopsie "caractéristiques" d’un étranglement.

Fracture de la corne du cartilage thyroïde, plaie profonde à la tempe... Face à des résultats d’autopsie qu’ils estiment "caractéristiques" d’un étranglement, la famille d’El Hacen Diarra réclame, mardi 20 janvier, la mise en garde à vue des "policiers impliqués", selon elle, dans sa mort.

La veille, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour violences volontaires ayant entraîné la mort, cinq jours après le décès suspect en garde à vue de ce Mauritanien de 35 ans dont les proches dénoncent des violences policières.

Un juge d’instruction a été saisi afin de "notamment déterminer si des violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ont causé la mort" d’El Hacen Diarra. France 24 fait le point sur ce que l’on sait, à ce stade, de cette affaire.
Interpellé près du foyer de travailleurs migrants où il vivait (...)

une vidéo filmée par des voisins circule sur les réseaux sociaux. On y distingue deux policiers, dont l’un à genoux, donnant deux coups de poing en direction d’un homme plaqué au sol.

Selon l’analyse du son réalisée par la famille du défunt, on entend aussi El Hacen Diarra crier : "Vous m’étranglez !" (...)

C’est, à ce stade, l’unique document visuel de l’arrestation : pas de vidéosurveillance sur la voie publique et pas d’image captée par les caméras-piéton des policiers sur place, car ces caméras étaient déchargées, selon la version de ces agents. (...)

La famille réclame l’arrestation des "policiers impliqués"

Alors que des investigations, confiées à l’IGPN – la police des polices –, ont été menées jusqu’à lundi pour établir les causes de la mort, le corps de la victime a été transporté à l’institut médico-légal pour une autopsie. (...)

"La saisine tardive d’un juge d’instruction (...) ne saurait masquer l’inaction coupable du parquet", s’était plus tôt indigné l’avocat de la famille, qui fustige un délai de "cinq jours pendant lesquels la vérité a été étouffée, les preuves laissées à l’abandon et la famille tenue à l’écart".

"La famille d’El Hacen Diarra ne comprendrait pas que ces faits ne donnent pas lieu aux mesures coercitives prévues par la loi et habituellement utilisées dans les dossiers criminels où un homme a perdu la vie", ajoute l’avocat, s’appuyant sur les premières conclusions de l’autopsie qui révèle une fracture de la corne du cartilage thyroïde et une plaie profonde à la tempe.

Fracture de la corne du cartilage thyroïde, plaie profonde à la tempe (...)

Mardi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a assuré pas prévoir de suspendre les policiers qui ont interpellé El Hacen Diarra. "Je n’ai évidemment aucune raison de suspendre les fonctionnaires de police en question", a-t-il répondu lors des questions au gouvernement, assurant faire "confiance à la justice pour faire toute la lumière sur cette affaire".

"Nous n’avons jamais la vérité et la justice de manière claire"

Depuis la mort d’El Hacen Diarra, les réactions politiques se sont multipliées. (...)

Dimanche, à Paris, une manifestation en l’hommage d’El Hacen Diarra a rassemblé un millier de personnes.

"On ne laissera pas faire encore une fois", a lancé Assa Traoré, figure de la lutte contre les violences policières dont le frère, Adama, est mort en 2016 au commissariat de Persan, dans le Val-d’Oise, après son arrestation. "Il est important de dénoncer ce qu’il se passe parce que si on laisse passer la mort d’El Hacen, il y aura encore de nombreux El Hacen."