Les élections municipales ont consacré au moins douze maires mis en cause ou condamnés dans des affaires de violences sexistes et sexuelles. Des succès électoraux qui soulignent une impunité persistante, malgré une mobilisation politique et médiatique accrue.
Tous composent un large kaléidoscope d’affaires de violences sexistes et sexuelles. On compte des dossiers de viols pour cinq d’entre eux, des faits d’agressions sexuelles dans six cas, de violences conjugales pour trois autres, de harcèlement sexuel à cinq reprises. Au moins cinq autres mis en cause étaient par ailleurs candidats mais ont été défaits au second tour. (...)
Les victoires, parfois faciles, d’élus accusés ou condamnés posent la question de l’indifférence des citoyen·nes. À Boisseuil, Amandine Coiraud est « dépitée » d’avoir vu un maire, mis en cause pour plusieurs viols, élu avec 885 voix. « Pendant la campagne, j’ai été la méchante fille qui attaque le pauvre monsieur. J’entendais : “Mais enfin, c’était un bon maire” ou “Le pauvre, il est accusé et elle veut lui faire perdre la mairie”. » Elle décrit un électorat divisé en « deux équipes » : « Celle qui se demandait pour qui je me prenais, qui le plaignait. Et celle qui s’étonnait qu’il puisse même se présenter. » (...)
« Quand on est à la tête de la police municipale, des écoles, comment peut-on être condamné et se présenter ? », interroge aussi Fiona Texeire, cofondatrice de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique. Selon elle, ces victoires électorales sont « une violence supplémentaire » pour les victimes. (...)
Une mobilisation accrue
Seul motif d’espoir à leurs yeux : la médiatisation du sujet. (...)