Des habitants du sud du Liban ont rejoint lundi leurs villages frontaliers sous la protection de l’armée libanaise, malgré les tirs israéliens qui ont fait deux morts, selon le ministère de la Santé. La veille, 22 personnes avaient été tués dans des circonstances similaires, en tentant de rentrer chez elles.
Des habitants du sud du Liban ont pu revenir lundi 27 janvier dans certains villages frontaliers où s’est déployée l’armée libanaise, malgré des tirs israéliens ayant fait deux morts et 17 blessés au lendemain d’une journée sanglante, selon les autorités.
Ces violences, peu susceptibles cependant de raviver la guerre selon un analyste, interviennent alors que l’accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël a été prolongé jusqu’au 18 février, Israël n’ayant pas retiré comme prévu ses troupes du Sud à la date limite du 26 janvier.
Dimanche, 24 habitants dont six femmes ont été tués alors qu’ils bravaient avec des centaines d’autres l’armée israélienne pour tenter de retourner dans leurs villages dévastés sans attendre le retrait d’Israël, selon le ministère de la Santé.
Dans des circonstances similaires, deux personnes ont été tuées lundi et 17 autres blessées, a indiqué la même source.
La guerre entre le Hezbollah pro-iranien et Israël a fait plus de 4 000 morts selon les autorités libanaises et contraint plus de 900 000 personnes à l’exode au Liban.
"Nous n’avons pas peur des balles"
Lundi matin, un correspondant de l’AFP a vu des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants, brandissant des drapeaux du Hezbollah, massés derrière un remblai de sable en attendant d’entrer dans leur village de Kfar Kila, où l’armée israélienne est encore déployée.
Dans la ville de Bint Jbeil, qui commande l’entrée à plusieurs villages frontaliers, des partisans du Hezbollah distribuaient des portraits de son chef tué par Israël, Hassan Nasrallah, des pâtisseries et de l’eau aux voitures.
"Ils pensent qu’ils nous effraient avec des balles, mais nous avons vécu sous les bombardements, nous n’avons pas peur des balles", a déclaré à l’AFP Mona Bazzi dans cette ville frontalière qui a subi d’énormes destructions. (...)
Redéploiement de l’armée libanaise
L’armée, qui se redéploie au fur et à mesure qu’Israël se retire, avait annoncé dimanche soir qu’elle "continuait d’accompagner les habitants" rentrant dans leurs foyers, "pour les protéger face aux attaques israéliennes". (...)
En vertu de l’accord qui a mis fin le 27 novembre à la guerre, seuls l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU doivent être déployés dans le sud du Liban.
Israël, qui avait jusqu’au 26 janvier pour se retirer, a annoncé vendredi que l’opération se poursuivrait au-delà de cette date, affirmant que l’accord n’avait pas été totalement appliqué par le Liban.