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Marie-Claude Saliceti
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Accord UE-Tunisie sur l’immigration : le président tunisien refuse la "charité" européenne
#UE #Tunisie #migrants
Article mis en ligne le 4 octobre 2023
dernière modification le 3 octobre 2023

Lundi, Kaïs Saïed, a indiqué qu’il refusait les fonds alloués par l’Union européenne à la Tunisie, qui s’apparentent, selon lui, à de la "charité". L’UE a proposé en juillet une enveloppe de 105 millions d’euros à Tunis pour lutter contre les départs de migrants depuis les côtes tunisiennes. Sur cette somme, 42 millions d’euros devaient être "alloués rapidement" à Tunis. Un montant également jugé "dérisoire" par le président tunisien.

"La Tunisie qui accepte la coopération, n’accepte pas tout ce qui s’apparente à de la charité ou à la faveur, car notre pays et notre peuple ne veulent pas de la sympathie et ne l’acceptent pas quand elle est sans respect", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. "Par conséquence, la Tunisie refuse ce qu’a été annoncé ces derniers jours par l’UE", a dit Kaïs Saïed qui recevait son ministre des Affaires étrangères, Nabil Ammar.

Cet accord, "un tournant dangereux"

Il a expliqué que ce refus n’était "pas en raison du montant dérisoire [...] mais parce que cette proposition va à l’encontre" de l’accord signé à Tunis et "de l’esprit qui a régné lors de la conférence de Rome" - grande conférence sur les migrations en Méditerranée organisée en juillet dans la capitale italienne. (...)

Cet accord UE-Tunisie, signé en juillet, fait grincer des dents les ONG et les experts de l’immigration. Le 14 août, plus de 350 chercheurs et membres de la société civile de près de 10 pays ont signé une tribune pour en dénoncer la signature. Ils mettent en garde à travers ce texte sur "un tournant dangereux dans l’acceptation de ces politiques et des présupposés racistes qui les sous-tendent".

La Tunisie est, avec la Libye, le principal point de départ pour des milliers de migrants qui traversent la Méditerranée centrale vers l’Europe, et arrivent en Italie. Le nombre de départs depuis le pays est en hausse ces derniers mois en raison de la crise économique que connaît la Tunisie mais aussi de la vague de violences xénophobes que subissent les migrants subsahariens dans le pays. (...)