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RFI
À La Réunion, la révolution du moustique stérile pour lutter contre les épidémies
#moustiquesSteriles #LaRéunion #epidemies #maladiesTropicales
Article mis en ligne le 15 avril 2026
dernière modification le 7 avril 2026

Face aux maladies tropicales transmises par le moustique tigre, comme le chikungunya et la dengue, les chercheurs du Cirad et de l’IRD ont mis en place une technique de l’insecte stérile boostée, efficace pour lutter contre ces insectes. En un an, on enregistre une baisse de 40% de ces populations sur les zones ciblées.

Rangés dans des petites boîtes, des milliers de moustiques s’apprêtent à être stérilisés via la technique des rayons X. (...)

Les moustiques, élevés à l’insectarium de l’IRD, sont endormis et acheminés dans les labos du Cirad pour être stérilisés. Là, une course contre la montre se met en place. Jérémy Bouyer, directeur de recherche et coordinateur du projet OPTIS côté Cirad, récupère les insectes et les transporte à Saint-Joseph.

C’est dans cette zone expérimentale de la commune du sud de l’île - où 74% de la population échantillonnée a déjà contracté la dengue ou le chikungunya – que les lâchers s’opèrent chaque semaine par voie terrestre et par drone depuis août 2025. (...)

Une technique efficace et source d’espoirs (...)

Après leur stérilisation, les mâles sont trempés dans un larvicide, le pyriproxyfène, qui joue un rôle majeur et permet d’atteindre aussi les gîtes des moustiques.

« Avec la technique de l’insecte stérile classique, on induit de la stérilité, mais si on arrête, en trois ou quatre semaines, la population de moustiques se rétablit, détaille Jérémy Bouyer. Or là, avec cette méthode, comme on traite les gîtes, on a un effet rémanent de plusieurs mois. Ce qui fait que si on traite au bon moment de la saison des moustiques - juste trois ou quatre mois par an - on pourra complètement bloquer les épidémies pour l’année entière. »

Et la technique commence à porter ses fruits. Les premiers lâchers réalisés depuis août 2025 sur 60 hectares ont entrainé une baisse de 35 à 55% des populations en fonction des zones. (...)

« On est dans la phase de lutte maximale au niveau surface, mais on doit encore faire une enquête sérologique à la fin des douze mois de lâchers dans la zone pour essayer de mesurer l’impact sur la transmission de la dengue et du chikungunya sur la zone », développe Jérémy Bouyer. (...)

Les prochaines étapes sont donc cruciales, la généralisation de la technique va être confiée à une start-up qui prévoit la construction d’une usine de production de mâles stériles à Saint-Joseph ainsi qu’une gestion automatisée, notamment par IA, des lâchers.

Il n’en reste pas moins que la population doit continuer de se prémunir et lutter notamment contre les méga-gîtes, ces piscines ou voitures abandonnées qui constituent des nids géants contre lesquels il est plus difficile de lutter.

Demeure aussi la question du coût (...)


image : Juan Manuel Barreneche, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons