Des prisonniers ont été libérés, vendredi, à Cuba, dans le cadre d’une nouvelle grâce de 2 010 détenus, annoncée la veille par les autorités, alors que La Havane fait face à une pression accrue de la part des États-Unis.
À leur sortie de la prison de La Lima, dans l’est de La Havane, certains ont pleuré et embrassé leurs proches. Une vingtaine de prisonniers ont été libérés, vendredi 3 avril, dans la matinée, ont constaté des journalistes de l’AFP, au lendemain de l’annonce par les autorités de Cuba d’une grâce pour 2 010 détenus. Il s’agit de la deuxième vague de libérations en moins d’un mois alors que La Havane fait face à une pression accrue de la part des États-Unis. (...)
Jeudi soir, le gouvernement cubain avait annoncé une vague de grâces présentée comme un "geste humanitaire" à l’occasion de la Semaine sainte.
"On prétend que cela n’a rien à voir avec des négociations alors que c’est clairement le cas", a déclaré à l’AFP Andres Pertierra, historien de Cuba à l’Université du Wisconsin, aux États-Unis. (...)
L’administration Trump a réclamé un changement de système sur l’île de 9,6 millions d’habitants, dirigée par les communistes, et le président américain a laissé entendre qu’il pourrait "prendre Cuba". Mais les deux parties ont également tenu des pourparlers récemment.
La libération de prisonniers politiques est depuis longtemps une exigence centrale des États-Unis à l’égard de Cuba, mais on ignore si certains figurent parmi les graciés, aucune liste n’ayant été publiée. (...)
Cuba compte 775 prisonniers politiques, selon l’organisation de défense des droits humains Justicia11J. (...)
Répression toujours présente
Justicia11J a estimé que "toute libération représente un soulagement immédiat, en particulier pour les familles". Mais elle a aussi averti que ce geste "ne constitue pas un changement dans les politiques répressives de l’État cubain".
L’ONG, qui recense les arrestations liées aux vastes manifestations antigouvernementales de juillet 2021, déplore que le gouvernement n’ait pas publié la liste des personnes libérées. (...)
Mi-mars, le gouvernement cubain avait déjà annoncé vouloir libérer 51 prisonniers sous l’égide du Vatican, un canal de dialogue régulier entre Cuba et les États-Unis.
Au moins 20 prisonniers politiques avaient été libérés à la suite de cette annonce, selon l’ONG Cubalex.
Vendredi, parmi la demi-douzaine d’anciens détenus interrogés par l’AFP devant La Lima, aucun n’avait été incarcéré pour des raisons politiques.
"C’est une chance qui n’arrive qu’une fois dans la vie", a réagi Brian Pérez, 20 ans, qui purgeait une peine pour coups et blessures. (...)