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À Calais, de gros rochers empêchent des distributions de nourriture pour les migrants
#Manche #Calais #migrants #immigration
Article mis en ligne le 21 août 2024

Des blocs de pierre ont été disséminés, lundi, sur un terrain de Calais où stationnent d’habitude les véhicules des associations de soutien aux migrants. "Une énième entrave à l’aide aux exilés", déplore les humanitaires, alors qu’une centaine de personnes bénéficiaient jusqu’ici, chaque jour, de leurs services dans cette zone.

Cet endroit sert d’ordinaire de zone de stationnement aux camionnettes des associations d’aide aux migrants. Les 100 à 150 exilés – en majorité érythréens - des alentours s’y pressent le matin pour prendre un petit-déjeuner, des bouteilles d’eau, recharger leur téléphone ou profiter du Wi-Fi. Depuis lundi 19 août, cette routine a été stoppée net : de gros rochers blancs ont été disséminés sur le terrain calaisien, rue du Petit-Courgain. Impossible désormais pour Salam, Channel Info Project ou la Vie active, association mandatée par l’État, de s’y rendre. (...)

"C’est une énième entrave de la mairie à l’aide aux exilés, dénonce Angèle Vettorello, coordinatrice d’Utopia56 à Calais. Ces rochers réduisent encore un peu plus l’accès à des services vitaux, fournis uniquement par les associations". "Aujourd’hui la mairie de Calais fête la journée mondiale de l’aide humanitaire à sa manière", a réagi de son côté l’Auberge des migrants sur X.

Avant d’y déposer des blocs de pierre, ces dernières semaines, la mairie avait subitement fait de ce terrain une aire de stationnement pour les bus. Le camion de l’ONG Salam avait, en conséquence, reçu plusieurs amendes pour mauvais stationnements.
Des rochers à 70 000 euros

Ce procédé dit "d’enrochement" n’est pas inhabituel à Calais. Depuis quelques années, la mairie installe régulièrement des rochers dans divers endroits de la ville. (...)

Mobilier urbain dissuasif

À plusieurs centaines de kilomètres de là, à Ouistreham dans le Calvados, la mairie applique les mêmes pratiques. Sur un rond-point à l’entrée de la ville, de gros rochers s’agglutinent depuis deux ans. À l’endroit même où les migrants se postent régulièrement dans l’espoir de grimper dans les camions, qui empruntent ensuite les ferries en direction du Royaume-Uni.

Les rochers rendant impossible une quelconque installation, une centaine de migrants soudanais ont bâti un camp informel à quelques centaines de mètres de là, dans un bois à l’abri des regards et des touristes. (...)

À Paris aussi, du mobilier urbain dissuasif est parfois installé après un démantèlement de camp "afin d’empêcher toute réinstallation, pourtant inévitable puisqu’il n’y a pas d’offre d’hébergement adaptée aux besoins", déplore le collectif le Revers de la médaille dans son dernier rapport. En février 2024, de gros rochers similaires à ceux présents dans le nord de la France ont été déposés sous le pont Charles de Gaulle, là où s’étaient réfugiées quelques jours auparavant, en plein hiver, une centaine de personnes sous des tentes.