Le Parlement européen a refusé ce 26 mars de prolonger la loi qui permettait à Meta, Google et Microsoft de scanner vos messages privés. Un seul vote a tout décidé. Le dispositif s’arrête le 3 avril, mais une loi permanente est toujours en négociation.
Le résultat clôt plusieurs semaines de bras de fer entre partisans et opposants à la surveillance des messageries. La veille encore, des élus tentaient de forcer un nouveau vote pour sauver le texte.
Un seul bulletin a fait la différence
Depuis 2021, Meta, Google et Microsoft étaient autorisés à analyser automatiquement vos messages privés sans mandat judiciaire, pour détecter des contenus pédocriminels. (...)
Cette dérogation temporaire expire le 3 avril. Elle ne sera pas renouvelée.
Le vote du 26 mars s’est joué à un seul bulletin d’écart, précisément sur le scan des images et textes inconnus. Le reste du texte a ensuite échoué à obtenir une majorité. Comme nous le rapportions, le Parlement avait déjà voté le 11 mars pour encadrer strictement Chat Control, en excluant les messageries chiffrées de bout en bout. La veille du vote, des élus conservateurs avaient tenté de remettre le texte initial sur la table. La manœuvre n’a pas fonctionné. (...)
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– (Change)
[Victoire ! 🎉 Chat Control est officiellement enterré !->https://www.change.org/p/non-%C3%A0-la-mise-sur-%C3%A9coute-de-votre-t%C3%A9l%C3%A9phone-avec-chat-control/u/34427856 ?
Ce 26 mars 2026, le Parlement européen a rejeté Chat Control. Après des mois de pressions, de manœuvres et de tentatives pour faire passer ou prolonger un dispositif de surveillance profondément dangereux pour nos libertés, le texte a été repoussé.
La version actuellement en vigueur de Chat Control s’arrête le 4 avril 2026. Le régime temporaire arrive à échéance le 3 avril, et sans prolongation, il prend fin dès le lendemain.
Grâce à la mobilisation de tous, grâce à des centaines de milliers d’anonymes, en France et partout en Europe, nous avons réussi à faire reculer un projet qui menaçait le secret de nos correspondances et la confidentialité de nos échanges privés.
Ces derniers mois, il a fallu informer, alerter, expliquer, répondre aux faux arguments, tenir bon malgré la fatigue, malgré le brouillard politique, malgré la pression permanente de ceux qui voulaient faire passer la surveillance généralisée pour une évidence. Il a fallu rappeler sans relâche qu’on ne protège pas nos sociétés en détruisant les libertés fondamentales. Il a fallu rappeler qu’ouvrir la porte au contrôle massif des communications, même au nom d’un objectif légitime, c’est créer un précédent redoutable pour toute l’Europe.
Aujourd’hui, cette séquence se referme. La pétition est close. (Cette pétition avait 117 310 signataires)
C’est une victoire citoyenne. Une victoire de la vigilance. Une victoire de tous ceux qui ont refusé de baisser les bras. Une victoire obtenue par des gens ordinaires, souvent invisibles, qui ont pris quelques minutes pour signer, partager, écrire, interpeller, documenter et résister.
Mais rien n’est acquis.
Il ne faut pas se raconter d’histoire : ce projet reviendra, sous une autre forme, avec d’autres mots, d’autres emballages, d’autres promesses. L’idée n’a pas disparu. Elle a reculé. Et lorsqu’une idée de surveillance de masse recule, il faut rester lucide : elle cherche presque toujours à revenir par une autre porte.
Alors oui, il faut savourer cette victoire. Elle est réelle. Elle est importante. Elle prouve que la mobilisation paie, que la contestation argumentée peut peser, et que les citoyens européens ne sont pas condamnés à subir en silence.
Mais il faut rester vigilants, organisés, mobilisés.
Merci à toutes celles et ceux qui ont signé cette pétition, qui l’ont relayée, qui ont pris la parole, qui ont refusé la résignation.
Cette bataille s’achève. Le combat, lui, continue.
Christophe Boutry