Mercredi 3 mai, une soixantaine de militant•e•s de Extinction Rebellion Grenoble, Scientifiques en Rebellion et autres mouvements s’est réunie devant la BNP Paribas de la place Victor Hugo. nous avons ont bloqué l’entrée et occupé le croisement routier pour dénoncer le financement des énergies fossiles par la BNP.
“Pollueur = financeur” : c’est ce que reprochent les militant•e•s à la BNP, 1er financeur européen et 5e mondial du développement des énergies fossiles. L’action de désobéissance civile non violente a commencé par le collage d’affiches et la projection de peinture à l’eau à l’aide d’extincteurs : un acte marquant mais sans lourdes dégradations qui se veut avant tout visible pour le•a passant•e.
Nous avons bloqué les accès routiers afin de créer un espace protégé devant la banque. Cet espace a accueilli différentes prises de parole de la part de Scientifiques en Rebellion et de Extinction Rebellion Grenoble, entrecoupées de temps plus conviviaux, musicaux et ludiques. Scientifiques en Rebellion a appuyé son discours de données scientifiques autour de la BNP et de TotalEnergies, qui “prévoit d’augmenter de 25% ses extractions gazières d’ici 2030 et d’allouer toujours 70 % de ses investissements aux hydrocarbures sur la période 2022-2025”8, tandis que des banderoles étaient brandies devant et sur la façade de l’immeuble. (...)
Les scientifiques sont formel·les. Un réchauffement climatique au-delà de +1.5°C, objectif de l’Accord de Paris de 2015 ratifié par la France, serait très grave car il enclencherait des boucles de rétroaction méconnues à ce jour. Dans un tel scénario, le secrétaire général de l’ONU évoque une « menace existentielle directe »4 pour l’humanité que des scénarios estiment possible dès le 21 e ou le 22e siècle5. Les scientifiques sont aussi formel·les sur le fait qu’au rythme actuel des émissions de CO2 (40 GtCO2/an), il ne reste en 2022 que 5 ans de « quota carbone » pour maintenir avec haute probabilité le réchauffement sous la barre des +1.5°C.6
Pour cela, 58 % des réserves de pétrole, 56 % des réserves de gaz naturel et 89 % des réserves de charbon, bien qu’économiquement rentables, doivent impérativement rester dans le sol.7 Il va ainsi de soi qu’ exploiter de nouveaux gisements d’énergie fossile est dès lors inenvisageable et que les infrastructures d’extraction existantes doivent être démocratiquement démantelées. Explorer de nouvelles réserves, en conscience des faits scientifiques, relève de fait, selon nous, d’un acte criminel contre l’ensemble de l’humanité. (...)